Ni hygiénisme ni eugénisme, vive le communisme !

Communiqué n°81 - Décembre 2020

Une gare, c'est un lieu où l'on croise les gens qui réussissent et les gens qui ne sont rien.

Emmanuel MACRON, 29 juin 2017

Le but n'est pas de faciliter la vie des Français qui veulent sortir.

Christophe CASTANER, ministre de l’Intérieur, 18 mars 2020

La Chine a pris ses responsabilités en mettant en place des mesures de confinement et d'isolement très rapidement […] Je ne suis pas sûr que ce serait possible de réaliser tout cela dans un pays dans lequel les réseaux sociaux seraient ouverts.

Olivier VÉRAN, ministre de la santé, 18 février 2020

Vous êtes en train de débattre de sujets alors que nos soignants se battent pour sauver des vies !

Olivier VÉRAN, ministre de la santé, 3 novembre 2020, s’adressant aux députés d’opposition

Si vous décidez d'avoir des rapports sexuels en personne avec quelqu'un qui ne fait pas partie de votre ménage ni de votre bulle sociale, vous pouvez prendre certaines mesures pour réduire les risques […] Envisagez de porter un masque couvrant le nez et la bouche.

Theresa TAM, responsable de la santé publique au Canada

« Restez chez vous et applaudissez les soignants à 20h », « limitez vos interactions sociales », « quand on aime ses proches, on ne s’approche pas trop », « on ne fait plus la fête, la bamboche, c'est terminé » : depuis près de dix mois, la plupart des gouvernements et leurs relais politiques, administratifs et médiatiques nous font croire que c’est la crise sanitaire liée au Covid-19 qui rend indispensable l’éradication des contacts physiques et, a fortiori, des réunions, rassemblements et manifestations. Ce discours hygiéniste à forts relents culpabilisateurs prend prétexte du coronavirus pour justifier une tentative de contrôle étatique complet non seulement sur la sphère publique mais également sur les sphères privée et intime – ce qui est la définition même du totalitarisme.

Si la France fait partie des pays qui, à l’échelle de la planète, appliquent les mesures prétendument « sanitaires » les plus liberticides (ce peu glorieux classement étant dominé par le Venezuela, le Liban et le Honduras), d’autres États européens ne sont pas en reste : en Norvège, des peines de prison ont été prononcées pour violation des règles de quarantaine ; dans la région espagnole d’Andalousie, les personnes malades transgressant les obligations d’isolement risquent jusqu’à 600 000 euros d’amende ; en Suisse, par des aller-retours entre fédéralisme et centralisme, le Conseil fédéral serre toujours un peu plus la vis, en restreignant les réunions privées (chez soi ou à l'extérieur) à maximum dix personnes, et en interdisant les manifestations publiques (sauf les cultes religieux, bien entendu !), tout en rappelant que des mesures encore plus drastiques peuvent être prises ; enfin, il revient à la Belgique d’avoir popularisé le concept ahurissant de « bulle sociale », chacun étant sommé de n’avoir que cinq « contacts rapprochés » en dehors de son domicile familial.

Sous couvert de « vaincre la pandémie », certains politicards, tel l’apôtre du greenwashing Yannick JADOT (Europe Écologie – Les Verts), prônent une vaccination obligatoire de toute la population contre le Covid. Allant encore plus loin, le Parti Radical de Gauche (PRG) souhaite que « les personnes non vaccinées ne disposent plus des remboursements de soins inhérents à leur choix et prennent en charge les frais de santé des personnes qu’elles contamineront » ! Dans ce climat surréaliste de maccarthysme sanitaire, toute personne critique vis-à-vis des vaccins PFIZER et MODERNA que l’État veut tester à grande échelle sur les masses semble devoir être traitée en « allié objectif » de la pandémie. Notons au passage qu'en Suisse, pays depuis toujours très présent dans l'industrie pharmaceutique, certains se frottent déjà les mains devant un avenir promettant de fructueux bénéfices pour produire le vaccin1.

Et pourtant : les raisons de se méfier ne manquent pas ! Ces vaccins contre le Covid conçus dans la précipitation utilisent une technologie totalement inédite et, à l’heure actuelle, aucune étude indépendante ne vient en garantir l’innocuité. Prévoyantes, les mafias pharmaceutiques ont d’ailleurs obtenu de l’Union Européenne qu’elle s’engage à les épauler dans l'hypothèse où des indemnisations devraient être accordées en raison de l’apparition d’effets secondaires liés au vaccin !

Cet hygiénisme délirant reflète également la haine de classe d’une bourgeoisie aux abois, prompte à rendre la populace et la jeunesse – censément « indisciplinées » – responsables des vagues successives de Covid. Mais ce moralisme abject sur fond de projet transhumaniste de quelques richissimes crapules doit surtout permettre à la classe dominante d’offrir quelques années de sursis au mode de production capitaliste. Cela signifie, dans les conditions actuelles : mettre au pas l’ensemble de la société et écarter quoi qu’il en coûte la menace d’un assaut prolétarien. L’idéologie hygiéniste qui, du confinement à la future vaccination, a toujours mis en avant l’intérêt des plus fragiles et des plus âgés, et qui prétend maintenant s’en servir comme cobayes2, ne fait dans la réalité que recouvrir une pratique eugéniste, doublée d’une éradication des libertés politiques.

Ainsi, l’incarcération généralisée qui nous fut imposée au printemps en France et en Suisse avait officiellement pour but de « protéger nos aînés »… Mais, dans le même temps, des décrets gouvernementaux déconseillaient cyniquement aux EHPAD de réaliser plus de trois tests PCR par site tandis que le Rivotril® et le Midazolam® étaient opportunément autorisés afin de permettre aux résidents des maisons de retraite de crever « en douceur » à défaut d’avoir jamais réellement envisagé de les soigner. Dans les établissements médico-sociaux français et suisses, les visites étaient interdites... Étrange manière de protéger les aînés que de les laisser mourir dans l'isolement le plus total !

On ne s’étonnera pas non plus que la Seine-Saint-Denis, département le plus pauvre de France métropolitaine, soit aussi le plus durement touché par le coronavirus, ni que ce dernier a entraîné bien peu de décès chez les parasites (startuppers, dirigeants de « licornes », lobbyistes, conseillers en com’ et autres hauts fonctionnaires adeptes du pantouflage et du rétropantouflage) que Macron qualifie pourtant éhontément de « premiers de cordée ».

Si la mise en pratique du darwinisme social ne prend pas partout des formes aussi extrêmes que dans l’Inde du fanatique Narendra MODI, force est de constater que la grande réinitialisation opérée par la bourgeoisie depuis le mois de mars a déjà d’infernales conséquences pour des millions d’exploités : perte d’emploi (en novembre 2020, 47 000 personnes de plus au chômage par rapport à novembre 2019 en Suisse3; 35 000 destructions de postes annoncées dans le cadre de « plans sociaux » en France depuis trois mois), basculement dans la pauvreté, dépression, suicide.

L’avenir que nous prépare la classe dominante est sordide, et ce constat est désormais partagé, non sans effroi, par une partie des élites intellectuelles et médiatiques – dont les illusions démocratiques petites-bourgeoises sont actuellement piétinées par le talon de fer capitaliste. Si nous ne jetons pas les bourgeois à l’abîme, nous et nos sœurs et frères de classe survivrons demain sous cinquante nuances de dictatures (religieuse, nationaliste, sanitaire, antiterroriste et demain – qui sait ? – « écologiste »), avec pour seules « libertés » octroyées celles de travailler, consommer et fermer sa gueule.

Quelle autre sentence que la peine capitale prononcer à l’encontre d’une société dans laquelle Le Gorafi n’est plus un site parodique, mais un honorable média qui annonce seulement la réalité avec deux ou trois ans d’avance ? Aujourd’hui déjà, être dehors sans ausweis est passible d’amende, et les keufs n’hésitent pas à sanctionner pour ce motif y compris des malades d’Alzheimer, des personnes atteintes de troubles psychiatriques ou encore des sans-logis. Demain, dans le prolongement du feu vert délivré le 4 décembre 2020 par le comité d’éthique du ministère de la défense hexagonal, des « soldats augmentés » – à coup de substances psychoactives, d’opérations chirurgicales, voire de puces implantées sous la peau – feront régner la terreur sous toutes les latitudes.

Les rêves des bourgeois sont nos pires cauchemars : Orwell, Huxley, Kafka, ont fait une entrée fracassante dans nos vies au printemps dernier, et seules la révolution prolétarienne mondiale et l’instauration d’une société sans classes ni État pourront empêcher la réalisation des plus sombres utopies.

La solidarité entre prolétaires est notre meilleure arme :
Organisons-nous, repartons à l’assaut du ciel.

Notes :

[2] Le Monde du 4 décembre 2020 : « Covid-19 : d’abord en Ehpad, puis pour les personnes fragiles... La vaccination démarrera en janvier »

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