In Memoriam Loren Goldner

C'est avec une immense tristesse que nous venons d'apprendre le décès de notre ami et camarade Loren Goldner.

Selon nous, Loren Goldner fut l'un des plus grand théoriciens révolutionnaires de l'époque contemporaine et c'est peu de dire que ses approches ont fortement influencé les positions politiques du GARAP. Ses propositions lumineuses - pulvérisant des pans entiers de la doxa léninistes, injectant des réflexions aussi neuves que redoutables dans l'interprétation du Capital mais aussi dans la réactualisation des travaux de Rosa Luxemburg, ravageant dialectiquement la gauche de la dévalorisation et ses déchets identitaires - ont apporté des clefs décisives de compréhension du réel, qui ouvrent des portes à une praxis révolutionnaire revigorée.

À cette puissance de feu intellectuelle, déjà exceptionnelle, du personnage s'ajoutaient une grande humanité, une profonde sensibilité, ancrées dans les combats et la culture du prolétariat révolutionnaire. Une simplicité douce mêlée à un épicurisme sur le qui-vive, un goût insatiable pour la vie et les bonnes choses, un humour malicieux, une timidité si décalée... toutes ces qualités se combinaient dans un homme qui malheureusement ne vivra pas la révolution, sans doute parce que l'époque n'était pas à sa hauteur.

Forts de son inspiration, nous saurons lui rendre hommage en continuant le combat, à « gauche de l'extrême gauche », pour la révolution prolétarienne mondiale, sans Dieu, sans César, ni tribun !

Vive les enfants de la nuit !

Communiqué n°94 - Juillet 2023

Face à ces hordes sauvages, demander le calme ne suffit plus, il faut l'imposer ! [...]
L'heure n'est pas à l'action syndicale mais au combat contre ces "nuisibles". [...]
Tous les moyens doivent être mis en place pour réinstaurer au plus vite l'État de droit. [...]
Aujourd'hui les Policiers sont au combat car nous sommes en guerre.

Extraits du communiqué des syndicats de police Alliance et UNSA du 30 juin 2023

Nous sommes en guerre.

Emmanuel Macron, discours du 16 mars 2020

“L’ordre règne à Berlin!” sbires stupides ! Votre “ordre” est bâti sur le sable. Dès demain la révolution “se dressera de nouveau avec fracas” proclamant à son de trompe pour votre plus grand effroi : J’étais, je suis, je serai !

Rosa Luxemburg, L’ordre règne à Berlin, janvier 1919

Un feu dans le désert

Dans le paysage dévasté des centre-villes recomposés et des banlieues délabrées des feux s’allument. Les enfants de l’ennui surgissent dans la nuit et, à la lumière des brasiers, la ville reprend quelques couleurs et sort pendant quelques heures de sa longue agonie. La rue, dépeuplée, dévastée, abandonnée aux marchands et aux policiers, s’anime à nouveau et retrouve l’espace de quelques nuits ses habitants. Des domiciles et des quartiers-prisons une jeunesse enfermée, maltraitée, confinée se répand à l’air libre et détruit tout sur son passage. Mais au loin, à l’horizon, surgissent déjà la silhouette sinistre des récupérateurs et des dénonciateurs.

Si on laisse de côté toutes les élucubrations racistes, que disent en gros ces derniers ? « Ils brûlent les écoles, détruisent leurs quartiers, ravagent leurs lieux de vie. Ils ne respectent rien, ni la culture ni les institutions, réduisant en cendres les symboles de l’État et les officines de la marchandise. Ce sont des nihilistes, des voyous, des opportunistes, qui font régner la terreur et ne cherchent qu’à profiter de la situation pour faire des affaires. Ce sont des mafieux, affamés d’argent, pour lesquels le pillage est une bonne occasion. »

Tout n’est pas nécessairement faux dans ce fatras d’accusations mais tout est faussé. Car ces jeunes ne surgissent pas de nulle part. Dans une société basée sur l’apologie permanente de la marchandise, de la consommation et de l’argent, pourquoi devraient-ils faire exception et demeurer seuls vertueux ? Dans un système fondé sur la répartition hiérarchique des ressources pourquoi devraient-ils accepter de jouer éternellement le rôle du dernier échelon ? Quand la corruption et le pillage organisé de la nature et des hommes sont la règle, quand les malfrats et les affairistes sont partout au pouvoir, pourquoi devraient-ils êtres les seuls à porter le chapeau ? Quand cet « ordre » tant vanté, cette « république » si vertueuse produit, au quotidien, la drogue, les « trafics », la guerre et le meurtre, ce n’est pas leur révolte qui pose problème mais leur soumission.

Nous sommes dans une époque de réaction absolue. L’État dit providence est mort, l’écart entre les riches et les pauvres n’a jamais été aussi grand et, de « réforme » en « réforme », la bourgeoisie avance inexorablement, revenant sur tous les droits sociaux, restreignant toutes les libertés et augmentant démesurément les pouvoirs de la police et les instruments de surveillance. Jamais l’État n’a eu un tel pouvoir de contrôle sur ses « citoyens » et jamais il ne les a autant humiliés. Comme l’a prouvé l’échec cinglant du mouvement syndical contre la réforme des retraites, avec sa contestation pacifiée et ses journées saute-mouton, l’illusion du « dialogue social » entre « partenaires sociaux », autrement dit la collaboration de classe, appartient désormais au passé et la bourgeoisie entend bien à présent ne plus rien céder. Les cortèges pacifiques, les chansonnettes gentillettes, les manifestations-carnaval remplissent désormais les poubelles de l’histoire et les « bons enfants », célébrés par le pouvoir et les médias, n’ont plus qu’à aller se coucher.

Le pouvoir ne comprend que la force, et cela les émeutiers l’ont bien compris. Nous ne prétendons pas idéaliser ces derniers ni cacher leurs limites. Qu’une révolte contre la décomposition puisse elle-même, sous certains de ses aspects, prendre des formes décomposées ne devrait certes pas nous étonner. La vieille taupe (celle dont parlait Marx), quand elle surgit à la lumière du jour après avoir tant creusé, garde nécessairement sur elle les traces de la poussière du chemin. Si les émeutiers se sont généralement montré très conséquents dans le choix de leurs cibles, brûlant systématiquement tous les symboles de l’État et des institutions, ils ont un rapport ambivalent à l’argent et à la marchandise, brûlant et pillant tour à tour les commerces, détruisant ou recyclant la marchandise selon l’humeur du moment. Incités matin, midi et soir à la consommation par un système qui les cantonne dans la misère – que l’inflation ne fait que rendre plus insupportable encore, ils se servent et ils ont raison.

Mais si le pillage interrompt un moment le cycle de la marchandise, permettant de contourner la valeur d’échange et son instrument l’argent, et autorisant certains prolétaires à récupérer une partie de la richesse dont leur classe a été dépossédée, il ne constitue qu’une parenthèse et n’implique même pas forcément la transformation des marchandises en objets d’usage (contrairement à ce que pensaient les situationnistes à partir de l’exemple des émeutes de Watts en 19651). En effet, quand ce qui est volé est revendu, c’est le cycle qui recommence et le trafic qui reprend. Le pillage, dans ce cas, n’est qu’une source d’approvisionnement supplémentaire et nullement une solution à la misère. Il s’inscrit alors parfaitement dans cette forme de capitalisme du pauvre qui n’a cessé de se développer dans les ghettos et les banlieues de l’abondance industrielle, et qui a fait l’objet de tant de célébrations dans la culture dite de masse.

Mais au-delà des formes décomposées que la révolte a pu prendre, qu’est ce qui fait le caractère proprement scandaleux de celle-ci, son caractère foncièrement inacceptable aux yeux des diverses chapelles de droite et de gauche ? C’est que pour tous ceux dont le métier consiste à encenser ou à stigmatiser les « quartiers populaires » et leurs classes « dangereuses » et « étrangères », à sonner l’hallali contre les immigrés ou, au contraire, à réclamer leur « inclusion », il n’y a strictement rien à tirer d’une révolte qui s’acharne à détruire ces mêmes quartiers populaires et où, au même titre que les commissariats, les mairies ou les voitures ont été consumées la « diversité », la « visibilité » et l’« inclusivité », tous ces fétiches d’une gauche étrangère au prolétariat et ayant fait carrière sur son dos. Il n’y a pas de « représentants » pour une telle révolte, pas d’associations ni de porte-voix. Telle est sa force et sa limite.

De la décomposition du prolétariat

Quel sens, dès lors, donner à cette révolte ? Pour répondre à cette question un détour vers une autre révolte et surtout sur les années qui l’ont suivi nous semble s’imposer. Mai 68, qui a commencé à Nanterre et qui fut lui aussi un soulèvement de la jeunesse mais surtout un soulèvement généralisé du prolétariat, remit la révolution à l’ordre du jour dans une société qui semblait l’avoir oubliée. Les séparations habituelles qui divisent le prolétariat, la prétendue passivité de celui-ci avaient disparu et les exploités de France (mais aussi d’Italie, du Mexique, de Pologne et d’ailleurs) faisaient de nouveau trembler la bourgeoisie et menaçaient son monde. Il lui fallait donc réagir et œuvrer pour empêcher durablement le retour d’une telle menace. On peut dire qu’elle s’y est bien employée.

Des décennies de décomposition sociale ayant suivi la crise de 1973 et le reflux des espérances révolutionnaires, des décennies de remodelage des consciences et de façonnage des esprits par la marchandise, tout un travail idéologique en profondeur de domestication, d’isolement, d’enfermement des individus dans des identités fabriquées de toutes pièces, de restauration des aliénations nationalistes et religieuses ont produit la société que nous connaissons actuellement. Après avoir désarmé spirituellement et matériellement le prolétariat, l’avoir enfermé dans des cases et des cages, avoir réussi à séparer ses différentes composantes et dressé les uns contre les autres ceux qui auraient dû rester unis, il a livré l’ensemble du prolétariat à la réaction et à la régression nationaliste et religieuse.

Une partie du prolétariat, souvent issue de l’immigration extra-européenne, a été cantonnée dans des banlieues mouroirs, où elle est vite devenue la proie des cafards et des émissaires de la réaction qui, venue d’Iran et d’Arabie Saoudite, s’est déversée sur l’ensemble du monde musulman et a fini par traverser les frontières de celui-ci. La réaction la plus atroce, les prescriptions les plus régressives, la ségrégation entre les hommes et les femmes, la diffusion de cet emblème hideux de l’esclavage de ces dernières qu’est le voile ont été imposées dans le sang et la violence dans des pays comme l’Iran ou l’Algérie avant d’être exportées en Europe où elles ont bénéficié d’un service après-vente inespéré de la part d’une partie du monde universitaire et d’une frange de plus en plus hégémonique de l’extrême-gauche et même du prétendu féminisme (qui en est venu à promouvoir l’exact opposé de ce contre quoi ses aïeules s’étaient dressées). Un mixte de théologie, d’identitarisme et, bien souvent, d’antisémitisme en est venu à remplacer l’analyse sociale matérialiste, la guerre des races et des cultures se substituant à la lutte des classes.

Alors que les grandes usines disparaissaient les une après les autres en Europe et, singulièrement, en France, qu’une grande partie du prolétariat se transformait en chômeurs et que la dernière vague d’immigration se trouvait désormais isolée et coupée de ses frères et sœurs de classe, ceux-ci cédaient parfois aux sirènes du chauvinisme et du nationalisme et se retournaient contre les « immigrés », accusés de leur voler leur travail et de faire baisser leurs salaires. La rupture de la solidarité de classe, l’abandon de l’internationalisme, le rêve d’une union entre le prolétariat national et « son » capital, qui permettrait un retour au plein emploi et à des salaires élevés grâce à la fermeture des frontières, étaient évidemment encouragés par un certain nombre de politiciens et de récupérateurs qui ne pouvaient que saluer cet abandon de la lutte des classes et cette politique de collaboration.

Le prolétariat « national » était désormais identifié, et pour longtemps, avec le Front national, qui avait repris dans le Spectacle le rôle de « représentant » officiel de la classe ouvrière (qu’il combine, de manière paradoxale, avec un programme ultra-libéral) auparavant dévolu au PCF. Considéré comme « perdu » par une bonne partie des bureaucrates de la gauche et de l’extrême-gauche, identifié à des « mâles blancs » par certains universitaires, il allait faire l’objet des railleries et des stigmatisations de ceux-ci quand il donna naissance au mouvement des gilets jaunes (dont la composition comprend d’ailleurs une grande partie de prolétaires d’origine immigrée). Ce n’est que lorsque ce mouvement prit de l’ampleur que les tentatives de la récupération à la fois des appareils d’extrême-droite et d’extrême-gauche devaient succéder à la stigmatisation, et que certains s’avisèrent qu’il pouvait y avoir là un bon « filon ». Mais les gilets jaunes devaient, généralement, récuser toutes formes de récupération. C’est là un point commun avec les émeutiers de 2023, et ce n’est pas le seul.

Bilan et perspectives

Tout comme les émeutes actuelles, le mouvement des gilets jaunes a été fondamentalement impuissant à enrayer le cours actuel des choses. La société actuelle, qui est marquée par la crise de la reproduction sociale, ne survit plus qu’en parasitant le vivant : son principal mode d’opération est le pillage et la destruction. Incapable de garantir le mode de vie de ses esclaves aux niveaux qu’il avait atteint précédemment, rognant partout où il le peut sur les salaires direct et indirects, qu’il s’efforce d’écraser, il précipite l’humanité vers toujours davantage de guerres et de catastrophes.

Après quelques décennies de « paix » en Europe et en Amérique du Nord, « seulement » marquées par quelques dizaines de millions de morts (mais dans le « tiers-monde »…), le capitalisme actuel est de nouveau officiellement entré dans une phase militariste. La Russie et la Chine attaquent et menacent, nous dit-on, et l’heure est à la remilitarisation de l’économie et, plus globalement, de toute la société.

Le grand confinement et les différentes mesures sécuritaires, expérimentées à l’occasion de la crise du Covid, auront servi de répétition générale. C’est grâce au Covid ou plutôt grâce aux mesures dont il aura été le prétexte de la part de gouvernements « bienveillants » et « bien intentionnés », et souvent « de gauche » qui plus est, que le monde a commencé à ressembler de plus en plus à la Chine, non pas celles des poètes, des sages et des artistes, mais celle des bureaucrates et des tyrans du parti stalinien chinois, une Chine de drones, de crédit social et de surveillance permanente et continue, qui laisse loin derrière elle les prophéties les plus noires de George Orwell.

Dressées, contrôlées, tracées, soumises à des mesures de couvre-feux et à un régime d’état d’urgence, dépendant de « conseils de défense » régis par la règle du secret-défense, voyant leur accès à l’information restreint au nom de la lutte contre les « fake-news », les populations se sont retrouvées « en guerre », pour reprendre les mots du président de la république français, mais cette guerre était menée par leurs propres gouvernements et la cible n’en était pas le virus mais le prolétariat. En France, et malgré quelques résistances, l’expérience s’étant finalement révélé concluante à peu près partout, sauf – et ce n’est pas une coïncidence – dans quelques confettis de l’empire colonial, les techniques expérimentées alors, notamment l’usage des drones ou la censure de l’information, ont, pour une partie d’entre elles, été pérennisées et appliquées à d’autres domaines.

La guerre en Ukraine, déclenchée après deux ans de crise sanitaire et qui a contribué à mettre un terme définitif à celle-ci, est en effet venu à point nommé pour permettre aux gouvernements occidentaux de compléter le dispositif d’enrégimentement de la population et la préparer à la guerre. Déclenchée par Poutine, mais largement préparée et voulue par les gouvernements du bloc atlantiste, pour lesquels l’Ukraine sert de prétexte à l’explosion de leurs budgets militaires en même temps que de terrain d’affrontement entre eux et la Russie, cette guerre a été programmée pour durer le plus longtemps possible et pour mobiliser le maximum de ressources au profit du complexe militaro-industriel.

La transformation de l’économie en économie de guerre a été officiellement annoncée par des gouvernements comme le gouvernement français. Mais ce n’est pas seulement des ressources matérielles qui doivent être mobilisées mais des ressources humaines. Il s’agit de « gagner les âmes » et pas seulement de dégager de l’argent. Les « ingénieurs des âmes », dont parlait Staline, prennent aujourd’hui le visage idiot des influenceurs et de la propagande 2.0 et ils ciblent en particulier la jeunesse. Voulu et promu par Macron avant même son premier mandat, le SNU, qui relève pour l’instant de l’« engagement volontaire », a été conçu pour être généralisé et rendu obligatoire. Le peu d’engouement rencontré par celui-ci cependant, en dépit de tous les efforts déployés en sa faveur, les résistances dont il fait l’objet ont empêché jusqu’ici cette généralisation de devenir effective.

Pendant que certains généraux et syndicats de police, relayés par certains « intellectuels » de comptoir, rêvent d’une guerre civile qui embraserait le pays, et dont les populations dites « musulmanes » seraient la principale cible, pendant que Macron et ses sbires arment leur police jusqu’aux dents et préparent la guerre contre l’étranger (aux deux sens du terme), la jeunesse résiste jusqu’ici à l’embrigadement. Dans sa composante émeutière, malheureusement minoritaire, elle s’attaque à la main-mise de plus en plus écrasante de la police sur la société en général (comme le montrent les mutilés des mouvements sociaux des gilets jaunes ou du mouvement contre la « réforme » des retraites) et sur certains quartiers en particulier, les quartiers dits populaires, où le harcèlement est quotidien. Mais, après l’écrasement du mouvement contre les retraites et l’extinction des derniers brasiers de la révolte contre la police, que va-t-il se passer ?

« Ceux qui font des révolutions à moitié n’ont fait que se creuser un tombeau. », disait Saint-Just. Il est à craindre que la camarilla macroniste ne mette à profit la crainte déclenchée dans certains secteurs de la société par les récentes émeutes pour accélérer encore ses objectifs et pour lever les derniers obstacles à la généralisation du SNU. La stigmatisation des émeutiers, cette classe non seulement dangereuse mais aussi « étrangère », et la soif d’ordre d’une partie de l’opinion permettent en effet de présenter cette généralisation comme une mesure disciplinaire, destinée à redresser et à mettre au pas une jeunesse indocile.

Mais la militarisation de la vie sociale et en particulier de la jeunesse n’est pas seulement destinée à satisfaire une opinion réactionnaire et apeurée, elle vise surtout à permettre à ce sinistre système de poursuivre sa marche en avant sanguinaire et d’appliquer son programme de mort : chômage de masse, inflation, écrasement des salaires, affrontements militaires entre l’Est et l’Ouest, creusement des inégalités, sacrifice du prolétariat, de sa vie et de ses intérêts dans des guerres absurdes et dévastatrices et demain, peut-être, atomisation d’une partie de l’Europe. Les séparations entretenues par les bureaucrates de toutes les chapelles entre les différentes composantes du prolétariat, les identitarismes de droite et de gauche, les nationalismes de toutes les couleurs ne servent qu’une cause, celle du capital. Gilets jaunes et jeunes des banlieues, prolétaires de tous les quartiers et de tous les pays, nous devons nous unir pour saboter cette gigantesque machine de mort ! La jeunesse doit refuser et enterrer le SNU, comme elle doit résister à la police et à l’armée.

Mais le pouvoir de la police et de l’armée ne sont que la face visible de la dictature du capital, dont l’ombre sinistre s’étend sur la planète entière et recouvre tous les pans de la société. Lutter contre celui-ci et contre le pouvoir totalitaire qui en est l’émanation, lutter à la fois contre la marchandise et l’État, pour recouvrer le pouvoir sur nos vies et sur nos conditions d’existence, voilà l’objectif du communisme révolutionnaire dont nous sommes les défenseurs et qui n’a rien à voir avec les régimes qui, au 20ème siècle et encore aujourd’hui, se sont parés de son nom.

En attendant, solidarité totale avec les émeutiers !
Solidarité avec les déserteurs de tous les pays et de toutes les nations !
Merde au SNU !
Vive le communisme !

Notes :

[1] Le déclin et la chute de l’économie spectaculaire-marchande (www.homme-moderne.org/societe/philo/debord/declin/index.html)

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