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Groupe d'Action pour la Recomposition de l'Autonomie Prolétarienne

Saïd BOUAMAMA, ailier gauche du sous-fascisme

Communiqué 52 - Décembre 2016
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À l'instar du système basé sur la propriété privée des moyens de production qui ne tient debout que parce qu'il a deux jambes – le capitalisme industriel ET le capitalisme financier –, les idiots utiles de la société de classe que sont les sous-fascistes1 se tiennent eux aussi sur deux jambes, l'une posée à l'extrême-droite du Capital, l'autre à son extrême-gauche2. S'il est relativement consensuel de dénoncer les discours et les exactions de la première, il est bien plus délicat de s'attaquer à la seconde. À titre d'exemple, la récente descente d'un commando de gauchistes racialistes lors d'une réunion au local libertaire Mille Babords à Marseille a suscité, au sein des organisations politiques et syndicales dites du mouvement ouvrier, bien plus de silences gênés et d'indifférence que de condamnations. Pire que ça, les camarades s'occupant du local attaqué sont allés jusqu'à publier, sur leur propre site internet, le communiqué de revendication des petites frappes racialistes. Il va sans dire que, si le local avait été ciblé par des nervis roulant pour l'aile droite de la mouvance sous-fasciste (Génération Identitaire, GUD, Action Française, FNJ...), ceux-ci n'auraient (heureusement!) pas eu le droit aux honneurs d'une telle publication.

À l'extrémité gauche de la pestilentielle décharge sous-fasciste s'agite notamment depuis de nombreuses années – et dans une trop grande impunité – le sociologue Saïd Bouamama. Ce dernier, outre une carte d'adhérent à la CGT et un engagement somme toute très complémentaire chez les staliniens3, jouit parfois d'une réputation (très surfaite, comme nous le verrons) de militant antiraciste. C'est ainsi que Bouamama bénéficie de nombreuses entrées à gauche : avec l'aval de la municipalité socialiste rennaise et à l'instigation des protestants de la CIMADE, Bouamama donnera notamment une conférence au Centre social Carrefour 18 le vendredi 25 novembre 2016 à 20h4. Au-delà de la thématique platement petite-bourgeoise de cette sauterie entre staliniens, socialauds et c(h)réti(e)ns-de-gauche (la défense du « vivre ensemble » !5), la venue de S. Bouamama à Rennes est l'occasion de rappeler quelques vérités élémentaires sur ce regrettable personnage.

Tout d'abord, puisque S. Bouamama se prétend antiraciste, il est loisible de constater que son antiracisme est très sélectif : quand il n'est pas en train d'affirmer tranquillement qu'en fRance la crise économique a plus touché les personnes originaires des anciennes colonies que les autres travailleurs immigrés (les prolétaires d'origine turque, kurde, etc. apprécieront), c'est parce qu'il est trop occupé à éructer, tel un Ernst Röhm ressuscité, que « la question sociale est devenue incompréhensible sans qu'y soit introduit le facteur racial.»6

En tout état de cause, la frontière de l'engagement « antiraciste » bouamamien (que nous soit pardonné cet affreux néologisme) s'arrête à bonne distance des juifs. Signataire d'une pétition pour que la branche palestinienne des Frères musulmans connue sous le nom de « Hamas » (et dont la charte est inspirée du Protocole des Sages de Sion – célèbre faux antisémite7 ) ne soit plus considérée comme une organisation terroriste8, Bouamama est aussi l'un des principaux animateurs du Front Uni de l'Immigration et des Quartiers Populaires (FUIQP)... Or le FUIQP relaye sur la toile des caricatures à connotation antisémite pompées chez Égalité & Réconciliation9.

En outre, Bouamama, paraphrasant Houria Bouteldja, reprend à son compte le concept de « philosémitisme d'État »10... Appliquer ce concept à un État fRançais qui, hier, a envoyé à la mort 75000 juifs et qui, aujourd'hui, comme les tueries antisémites de Toulouse (mars 2012) ou Paris (janvier 201511) en témoignent, ne protège pas plus cette minorité-là que les autres, relève pourtant de la forfaiture intellectuelle la plus aboutie !

Cerise sur le gâteau (et croix de fer sur la boutonnière), dans un effort de « volontarisme sociologique » bien trop prononcé pour être honnête, Bouamama réussit l'exploit peu commun d'établir en creux un lien entre les préjugés antisémites attribués à tort par les politiciens et les médias aux habitants des quartiers populaires et les violences policières commises dans lesdits quartiers12. Les flics fRançais agiraient donc ainsi par philosémitisme ! Eu égard aux liens étroits et anciens entre police et extrême-droite en fRance13, il est pourtant clair – même pour un sociologue profane – que, dans la liste pourtant longue des auto-justifications que trouvent les keufs à leurs exactions, la « lutte contre l'antisémitisme » n'apparaît généralement... nulle part.

Signataire, aux côtés de vieux débris marxiste-léninistes et de l'islamiste Tariq Ramadan du crapuleux « Appel des Indigènes de la République » en 200514, adepte des provocations verbales (« Moi je m'en fous que les gens n'aiment pas les arabes »15), Bouamama n'hésite pas non plus – à l'instar d'un Finkielkraut16, d'un Sarkozy17, ou de votre voisin raciste – à faire l'amalgame entre noirs, arabes et musulmans18. Par un artifice rhétorique grossier associant à la hussarde une couleur de peau à une religion, Bouamama tente donc d'enrégimenter toute une fraction du prolétariat vivant en fRance sous la bannière réactionnaire de l'islam19.

Dans la même veine, à entendre Bouamama se lamenter sur le fait que l'actuelle civilisation est basée sur « la négation de tous les regroupements communautaires » 20 , on ne peut que constater que, l'art de faire des analyses anachroniques a beau être subtil, cet histrion l'exerce à merveille. Il y a, en effet, bien longtemps que la bourgeoisie française a ajouté la promotion du communautarisme (catholique, musulman, juif...) à sa panoplie des méthodes de mise au pas du prolétariat. Bien loin d'être niés par la classe dominante, les « regroupements communautaires » sont donc encouragés par divers procédés : reconnaissance des religieux en tant qu'interlocuteurs légitimes pour parler au nom d'une « communauté », tolérance voire appui aux établissements scolaires confessionnels – même intégristes21 –, financement de constructions ou de rénovations de lieux de cultes avec des deniers publics, etc.

Le tableau que nous brossons ne serait pas complet si l'on passait sous silence les collègues de cirque de Bouamama. Outre sa retape occasionnelle pour le PIR, Bouamama fait parfois conférence commune avec l'agent d'influence Michel Collon – maoïste22 connu notamment pour sa participation à la conférence Axis For Peace23 en 2005 et son soutien stipendié à diverses dictatures (Russie, République islamique d'Iran, régime baasiste syrien). Lors d'un meeting commun de nos deux fringants sous-fascistes24, Collon a notamment affirmé dans la plus grande des décontractions qu' « [en Libye sous Kadhafi], les gens vivaient super bien et avaient un niveau de vie extraordinaire. »25 Bouamama, décidément altruiste, a aussi partagé son numéro de clown, lors d'une représentation à Lille, avec l'universitaire algérien Ahmed Bensaada, celui-ci expliquant doctement que les révolutions tunisienne et égyptienne et 2011 ont été inspirées en sous-main par les États-Unis et que les « Services » américains manipulaient les dissidents dans ces deux pays26.

En 2005, réagissant à l'instrumentalisation sarkozienne, à des fins électoralistes, des émeutes dans les quartiers populaires, Bouamama, n'avait pas hésité à faire un appel du pied à tous les démocrates27 – une catégorie politique large qui va a minima jusqu'au centre-droit. Bouamama démontrait pas là-même que, entre moult autres insupportables tares politiques, il était un adepte de la collaboration entre classes sociales. À rebours de ce type d'illusions démocratiques confortables – et alors que des membres de l'aile gauche du sous-fascisme viennent justement, pour la première fois, de passer des menaces verbales à la violence assumée –, il appartient aux partisans de l'abolition de l'État, de la société de classe, du travail, de la religion, d'expédier quelques tacles bien appuyés dans les jambes des sous-fascistes afin de leur ôter au maximum toute capacité de nuisance. L'heure de la clarification politique a sonné.

Notes :

1 Sur et autour du concept de sous-fascisme, cf. Communiqué 1 ; Communiqué 4 ; Communiqué 21 ; Communiqué 22 ; Communiqué 33 et Communiqué 43

2 Ces deux catégories n'étant évidemment pas hermétiques, deux des principales figures médiatiques de l'aile droite du sous-fascisme provenant de la gauche de l'échiquier politique : Alain Bonnet de Soral (qui se définit lui-même comme "national socialiste") se vante d'être un ancien adhérent au parti stalinien français tandis que l'ex-comique Dieudonné était initialement connu pour ses convictions antiracistes.

3 Plus précisément dans la mal nommée « Coordination communiste 59/62 », qui relaye notamment, sur son site internet, un texte intitulé « Lettre ouverte aux communistes sur la nécessité de la candidature Jean-Luc Mélenchon »... Le même Jean-Luc Mélenchon s'apitoie sur le sort des keufs blessés lors des manifs contre la Loi Travail et qualifie le néo-pétainiste Éric Zemmour de « brillant intellectuel ».

5 « La crise économique [...] a d'abord touchés les milieux populaires et, dans les milieux populaires, a touché encore plus fortement les membres des milieux populaires issus - non pas de l'immigration, parce qu'il ne faut pas qu'on se trompe de débat - mais de l'immigration post-coloniale, [c'est-à-dire] les personnes issues de la colonisation. » Cf. https://youtu.be/kztzaqODiVM?t=195

6 Cf. http://www.investigaction.net/l-islamophobie-comme-arme-de/
Tout Staline manqué qu'il fut, Trotsky était plus lucide sur cette question, affirmant : « Dans le domaine de l'économie contemporaine, internationale par ses liens, impersonnelle dans ses méthodes, le principe de race semble sorti d'un cimetière moyenâgeux. » (cf. Qu'est-ce que le national-socialisme ? : https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1933/06/330610.htm)
N'étant absolument pas guidé par un quelconque souci de cohérence, Bouamama regrette par ailleurs l'existence d'un « processus d'ethnicisation des questions sociales, c'est-à-dire que les médias nous habituent à expliquer les crises, les difficultés, les problèmes que l'on rencontre, non plus à partir d'explications économiques, sociales, politiques [mais] à partir de la culture des gens. » Cf. https://youtu.be/LT5mH75UOto?t=780 Comme si Bouamama lui-même n'était pas, avec d'autres, l'un des artisans zélés de ce processus effectivement à l'œuvre.

8 Cf. http://www.europalestine.com/spip.php?article3838&lang=fr
Bouamama définit explicitement le Hamas, pourtant naguère appuyé par l'État sioniste (cf., à titre informatif, Charles Enderlin, Le grand aveuglement : Israël et l'irrésistible ascension de l'islam radical), comme une « organisation résistante » :
« La seconde injonction est celle de se démarquer des fractions de la résistance palestinienne se définissant comme « musulmane » en général, du Hamas et du Djihad islamique en particulier. Ces organisations résistantes sont réduites à leur dimension religieuse afin de les exclure du soutien « légitime » et « acceptable ». La dimension centrale de lutte de libération nationale que portent avec d'autres ces organisations est entièrement niée par cette injonction. Le résultat est ici aussi une mise en suspicion. Le refus de condamner ces organisations suffit à être accusé « d'islamiste ». » Cf. https://bouamamas.wordpress.com/2015/04/25/la-construction-etatique-dune-hierarchisation-des-racismes/ Parmi les signataires de la pétition pour le retrait du Hamas de la liste europénne des organisations terroristes figure, entre autre, l'antisémite américain James Petras, auteur notamment de cette saillie : « Personne n'a le pouvoir aux États-Unis de contrer l'argent et l'influence du lobby israélien et de ses puissants alliés juifs. »
(cf. https://www.rebelion.org/hemeroteca/petras/english/saramago100402.htm)

10 « Il n'y a pourtant pas besoin de croire en un « complot juif mondial » ou en un « attachement absolue » à l'Etat d'Israël pour comprendre ce « philosémitisme d'Etat » pour reprendre l'expression d'Houria Bouteldja. Il suffit pour cela de prendre en cause la base matérielle de ce soutien : les intérêts de l'impérialisme français dans la région et plus globalement de toutes les puissances impérialistes. » Cf. https://bouamamas.wordpress.com/2015/04/25/la-construction-etatique-dune-hierarchisation-des-racismes/

11 À noter que Claude Hermant – barbouze néonazie qui fut membre du DPS (le service d'ordre du FN) –, actuellement emprisonné pour avoir fourni des armes ayant servi à Amedy Coulibaly lors de la tuerie antisémite qu'il a commis à l'Hyper Cacher de la Porte de Vincennes, dit avoir agi en tant qu'indicateur de la gendarmerie. Quant à la Frite-rit, son commerce lillois et accessoirement un repère de fachos, il n'a toujours pas été fermé par les autorités. Le ministre de l'intérieur Bernard Cazeneuve a opposé le secret défense au juge d'instruction lillois en charge du dossier impliquant Claude Hermant. En outre, Amar Ramdani, un des complices de A. Coulibaly, avait pour compagne une adjudante de gendarmerie – formatrice en renseignement opérationnel, qui plus est ! – qui lui fournissait des informations stratégiques et le renseignait sur l'état d'avancement de l'enquête sur les attentats de janvier 2015... Vous avez dit philosémitisme d'État ? (cf. http://www.rtl.fr/actu/societe-faits-divers/attentats-en-france-un-ex-indic-de-la-gendarmerie-a-fourni-des-armes-a-amedy-coulibaly-7783445058 ; http://www.lavoixdunord.fr/region/affaire-claude-hermant-le-secret-defense-qui-ajoute-au-trouble-ia19b0n3066814 et http://www.greffiernoir.com/attentats-contre-charlie-hebdo-7-et-janvier-2015-emmanuelle-c-amedy-coulibaly-amar-ramdani-kouachi-claude-hermant-seth-outdoor)

12 « On essaye de construire médiatiquement l'idée – c'est la nouvelle attaque, hein, faut vous préparer à ça, elle existe déjà, mais c'est la nouvelle attaque qui se prépare – que dans, ce pays, l'antisémitisme sera le fait des quartiers populaires. [...] On a des textes qui sortent aujourd'hui qui alertent sur la montée d'un antisémitisme dans les quartiers populaires et dans les classes populaires. Et ça, c'est affiché sans se donner la peine de donner la moindre preuve. [...] Il n'y a pas plus d'actes antisémites dans les quartiers populaires que dans les autres catégories de la population, Il n'y a pas plus d'actes antisémites dans les populations issues de l'immigration que dans les autres catégories de la population. Il n'y en a pas moins, mais il n'y en a pas plus. Et donc ce ciblage sur les quartiers populaires, c'est une manière de construire un ennemi de l'intérieur. Et ça, ça se paye. Ça se paye dans les contrôles de police, car si j'ai l'impression que le jeune que je contrôle, c'est un ennemi, c'est quelqu'un de dangereux, eh bien, je vais le contrôler d'une certaine manière. Et ça se paye aussi par des morts, hein. Les jeunes qui sont tués par la police, ça existe. Ça existe effectivement. » Cf. https://youtu.be/LT5mH75UOto?t=1081

13 Au 1er tour de l'élection présidentielle de 2002, 44% des policiers et des militaires ont voté FN (cf. ROUBAN Luc, La fonction publique, La Découverte, Paris, 2009, p.73). Aux élections régionales de 2015, ce chiffre monte à 51,5% (cf. http://www.liberation.fr/direct/element/plus-de-50-des-policiers-et-militaires-ont-vote-fn-en-2015_28175/ ). Lors des récentes manifestations de keufs, plusieurs des slogans étaient ceux habituellement scandés par l'extrême-droite (cf. http://lahorde.samizdat.net/2016/11/11/lyon-les-flics-defilent-en-scandant-francais-reveille-toi-tu-es-ici-chez-toi/ ).

14 Cf. http://indigenes-republique.fr/le-p-i-r/appel-des-indigenes-de-la-republique/ L'Appel des Indigènes de la République prétendait établir, en fRance, une ligne de partage entre les prolétaires descendants d'anciens colonisés et les autres.

16 « En France, on a tendance à réduire ces émeutes à leur dimension sociale, de les voir comme une révolte des jeunes des banlieues contre leur situation. Le problème, c'est que la plupart de ces jeunes sont des Noirs ou des Arabes avec une identité musulmane. » Cf. http://tempsreel.nouvelobs.com/societe/20091009.OBS4100/alain-finkielkraut-en-2005-l-interview-polemique-a-haaretz.html

17 « Quand on est musulman, ça se lit sur sa figure. » Source : Nicolas Sarkozy, France 2, émission « Cent minutes pour convaincre », 20 novembre 2003. Cf. aussi l'ouvrage La République, les religions, l'espérance, p. 71., dans lequel l'ancien président utilise l'absurde concept de « musulman athée ». Le mot « musulman » faisant référence de manière directe et exclusive à l'adhésion d'un individu donné à un corpus définissable de convictions religieuses irrationnelles (pléonasme), il ne peut évidemment pas plus exister de « musulmans athées » que de « catholiques athées », de « protestants athées » ou de « léninistes athées ».

18 « On nous a dit également [à propos des émeutes de 2005, NDLR] 'c'est les intégristes dans les quartiers qui ne voulaient pas que la police rentre'... Mais, moi, très franchement, si j'étais un propagateur d'un islam politique radical, eh bien, je ne brûlerais pas les quartiers, je me ferais calme, discret, je me cacherais, je ne serais pas sur cette dynamique-là. Et donc, on voit bien que depuis maintenant plus de vingt ans, on a des explications qu'en sociologie on appelle 'culturalistes' pour ne pas poser les vraies explications. Mais qu'est-ce que ça a produit tout ça ? À force de désigner toujours la culture d'une partie de la population comme responsable des difficultés, des problèmes, etc., eh bien, on nous habitue à regarder cette population comme étant cause de difficultés. Et effectivement ce qu'il y a de commun entre noirs et arabes dans ce pays, c'est quoi ? Eh ben, c'est l'islam. Et ne nous étonnons pas que la forme contemporaine du racisme, ce soit l'islamophobie. » Cf. https://youtu.be/LT5mH75UOto?t=768

19 Bouamama n'ignore pourtant pas que religion et politique ne font pas bon ménage. Dans son livre Algérie, Les racines de l'intégrisme, paru en 2000, Bouamama écrivait les lignes suivantes (p. 288, 316 et 317) : « Pendant que certains intégristes [islamistes] tuent et égorgent, d'autres à l'assemblée et au gouvernement imposent progressivement une régression idéologique sans précédent. Le pouvoir algérien en prétendant découpler l'intégrisme « modéré » et le terrorisme cède graduellement à toutes les exigences des fascistes en ce qui concerne la vie quotidienne et les droits démocratiques. Ce qui est masqué ici pour les besoins du compromis, c'est que le terrorisme n'est que l'expression militaire de l'intégrisme « modéré », c'est que toutes tendances confondues les intégristes partagent le même projet fasciste de société. [...] Enfin, le consensus [entre les forces bourgeoises en Algérie] vise à répondre aux pressions du capital financier international et des gouvernements occidentaux. Ceux-ci font pression depuis des années pour que le pouvoir algérien s'associe davantage avec l'islamisme politique qui est le plus fervent défenseur de l'ultralibéralisme. Après avoir obtenu que le pouvoir intègre politiquement l'islamisme dit « modéré », il exige aujourd'hui que cette alliance s'élargisse à ceux qui ont pris le maquis. Les contradictions entre l'Europe et les États-Unis subsistent, même s'ils ont un intérêt commun : accélérer le processus de privatisation et prévenir le risque d'explosion sociale. »

20 « La civilisation [dominante] aujourd'hui est une civilisation qui est basée sur un rapport philosophique à soi qui est l'individualisme et la négation de tous lesregroupements communautaires. Or qu'est ce qui caractérise les sociétés qui ont été violées et agressées, etc. ? C'est le fait que l'homme est en lien avec ses communautés d'appartenance, c'est le fait que c'est le collectif, le « nous », qui donne sens à l'individu et non l'inverse, et non l'individu qui serait un être-roi. » Cf. https://youtu.be/nlL9C2T5HF8?t=595

22 Il est amusant d'observer que le Parti du Travail de Belgique (PTB), au sein duquel Michel Collon a fait ses classes, a défendu des positions pro-OTAN (!) et antisoviétiques dans les années 1980, allant jusqu'à prendre le parti des islamistes qui combattaient l'Armée dite Rouge en Afghanistan. Quand, aujourd'hui, Michel Collon dénonce à longueur de conférences, d'interviews et de bouquins, le soutien des États européens et des États-Unis aux islamistes, il sait donc très bien de quoi il parle ! À l'occasion des élections législatives de 2003, le PTB – qui n'en est plus à une barbouserie près – a fait alliance avec la Ligue Arabe Européenne (LAE), dont le leader Dyab Abou Jahjah est membre du Hezbollah libanais.

23 Participaient également à cette conférence Dieudonné mais aussi l'historienne stalinienne Annie Lacroix-Riz. Cf. https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9seau_Voltaire#.C2.AB_R.C3.A9seau_international_de_presse_non-align.C3.A9e_.C2.BB

27 « Moi, je crois qu'il faut que tous les démocrates, toutes les associations, tous les partis politiques qui refusent cela, doivent maintenant s'exprimer dans la rue. [...] Je me bagarre depuis plusieurs jours a essayer de susciter ça, moi je pense qu'il faut une grande manifestation qui dépasse les quartiers populaires et que toutes les forces politiques de l'extrême gauche au démocrates entre guillemets, que tout le monde s'exprime. » Saïd BOUAMAMA, 10 novembre 2005, Cf. http://www.investigaction.net/on-est-dans-une-economie-qui/