Groupe d'Action pour la Recomposition de l'Autonomie Prolétarienne

Les exploiteurs mettent nos vies en retrait

Le P'tit Rouge n°9 - Novembre 2019
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Il est difficile de comprendre ce que le gouvernement va faire des retraites. Les dirigeants nous parlent de “simplifier” le système, de le rendre plus égalitaire. Comme lors des précédentes “réformes”, ils nous disent que l’espérance de vie a augmenté, oubliant de préciser que l’espérance de vie en bonne santé n’augmente pas, et que les patrons n’embauchent que rarement après 55 ans. Ils nous expliquent que les travailleurs bénéficiant de régimes spéciaux (RATP, SNCF...) sont des privilégiés, sans rappeler que leurs caisses de retraites sont indépendantes et sont largement minoritaires en comparaison de l’ensemble des travailleurs. À travers ces discours, les dirigeants veulent nous préparer à une attaque qui nous concernera tous. On peut déjà dresser un portrait de ce qui nous attend :

En résumé, les capitalistes vont drastiquement réduire notre salaire. Car il s’agit bien de notre salaire, la retraite, comme l’assurance-maladie et l’assurance-chômage, sont du salaire différé, du salaire que nous touchons lorsque nous ne pouvons plus travailler.
Ils se frottent déjà les mains, car nous n’aurons plus d’autre choix que de placer une part de notre salaire dans leurs fonds de pension afin d’espérer toucher une retraite convenable. Ils ne vont donc pas seulement réduire notre salaire, ils vont également pouvoir le dilapider sur des marchés financiers. Il suffit de regarder dans d'autres pays pour voir le résultat : des travailleurs qui perdent toutes leurs économies lorsque leur fond de retraite fait faillite.

Si nous les laissons faire, ce qui nous attend avec les retraites n’est qu’un début. Déjà, l’assurance-chômage est attaquée par le durcissement des conditions pour être indemnisé. La suite, c’est l’assurance-maladie, les objectifs des capitalistes seront les mêmes : supprimer cette partie de notre salaire qui sert à nous soigner.

Pour sauver leur système qui confisque déjà notre liberté et nous épuise, ils veulent à présent détruire notre droit à nous reposer, à nous soigner, donc tout simplement à vivre lorsqu’on ne peut plus travailler. Devons-nous laisser les exploiteurs détruire nos existences à ce point ?

Faut-il attendre des syndicats qu’ils négocient ? Leurs “journées d’action” en ordre dispersé, espacées de deux mois, nous prouvent le contraire. Il n’y a pourtant rien à négocier avec des agresseurs qui nous maltraitent depuis des générations et nous promettent de tout nous voler. Par le passé, notre classe sociale a su imposer ces quelques droits fondamentaux, et elle continue à se battre partout dans le monde. Peut-être devrions-nous nous inspirer de ce qui a fonctionné.

Les patrons redoutent une chose : que nous cessions d’être leurs esclaves. Ils redoutent donc la grève, plus que jamais lorsque nous la mettons en oeuvre par nos propres moyens, et que nous prenons nous-mêmes les décisions. C’est pourquoi nous devrions nous organiser pour cela, entre collègues, voisins, amis. Nous avons besoin de nous parler, nous devrions donc organiser des assemblées générales où les salariés peuvent se concerter et décider de la grève et des actions à mener. Lorsque les syndicats confisquent la parole lors de ces assemblées, nous devrions les en empêcher.
Pour ne pas perdre d’argent, nous devrions créer des caisses de grève et organiser la collecte, jusqu’à ce que les patrons cèdent et paient les jours de grèves. La caisse de grève doit être sous le contrôle des salariés uniquement ! Si les syndicats veulent participer, ils n’ont qu’à y verser l’argent qu’ils touchent du patronat et de l’État.
Nous devrions également chercher à briser l’isolement et nous mettre en contact avec des travailleurs d’autres entreprises, car après tout, cette société nous écrase tous !

Une société débarrassée de l’exploitation ne pourra émerger que de notre volonté de ne pas nous laisser faire.

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