In Memoriam Loren Goldner

C'est avec une immense tristesse que nous venons d'apprendre le décès de notre ami et camarade Loren Goldner.

Selon nous, Loren Goldner fut l'un des plus grand théoriciens révolutionnaires de l'époque contemporaine et c'est peu de dire que ses approches ont fortement influencé les positions politiques du GARAP. Ses propositions lumineuses - pulvérisant des pans entiers de la doxa léninistes, injectant des réflexions aussi neuves que redoutables dans l'interprétation du Capital mais aussi dans la réactualisation des travaux de Rosa Luxemburg, ravageant dialectiquement la gauche de la dévalorisation et ses déchets identitaires - ont apporté des clefs décisives de compréhension du réel, qui ouvrent des portes à une praxis révolutionnaire revigorée.

À cette puissance de feu intellectuelle, déjà exceptionnelle, du personnage s'ajoutaient une grande humanité, une profonde sensibilité, ancrées dans les combats et la culture du prolétariat révolutionnaire. Une simplicité douce mêlée à un épicurisme sur le qui-vive, un goût insatiable pour la vie et les bonnes choses, un humour malicieux, une timidité si décalée... toutes ces qualités se combinaient dans un homme qui malheureusement ne vivra pas la révolution, sans doute parce que l'époque n'était pas à sa hauteur.

Forts de son inspiration, nous saurons lui rendre hommage en continuant le combat, à « gauche de l'extrême gauche », pour la révolution prolétarienne mondiale, sans Dieu, sans César, ni tribun !

Note de lecture de l'ouvrage d'Etienne Rodin

Lecture n°8 - Août 2013

L'horreur managériale - Gérer, instrumentaliser, détruire

Etienne Rodin, Editions L’échappée, 2011, 128 pages

Le management est une horreur. Il est le reflet du monde dans lequel nous trimons. Il est la mise en pratique de l'exploitation maximale du prolétariat. Le management nous presse comme des citrons tout en voulant obtenir notre consentement, c'est un système vicieux qui travaille notre intimité et notre psyché en utilisant la manipulation de nos sentiments.

Le management est érigé en science sociale et étudié dans les écoles et autres formations pour devenir managers, coachs ou employés modèles. Il est la discipline de la bonne gestion des affaires et du meilleur rendement. L'efficience, ce dogme de l'économisme, est la motivation des chefs et patrons. Optimiser, rationaliser, pour au final dégager un maximum de profits. La variable d'ajustement reste toujours le travailleur corvéable à souhait.

Le livre d'Etienne Rodin décortique bien ce qu'est le management à travers des exemples concrets et toujours dans une vision globale de la situation. L'entreprise, le travail, prennent une telle importance dans nos vies, que les patrons profitent de cette position de force à travers l'idéologie managériale pour nous faire croire que, finalement, le bonheur est la réussite professionnelle.

Nous ne sommes pas d'accord avec les conclusions de l'auteur pour sortir de cette horreur. Les termes luttes de classes et perspectives révolutionnaires de la classe laborieuse sont absents au profit d'idées altermondialistes de la gauche bien-pensante : revenu d'existence et décroissance. Sortir du management implique sortir de la société capitaliste et de la société de classe par la révolution prolétarienne mondiale : se réapproprier nos vies en expropriant la bourgeoisie.
Le livre d'Etienne Rodin nous a inspiré un tableau (en pièce jointe) qui reprend l'analyse du management.

Deux notes de lecture intéressantes sur :

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