Groupe d'Action pour la Recomposition de l'Autonomie Prolétarienne

En grève jusqu'à la retraite !

Communiqué n°76 - Décembre 2019
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Le système de retraites par points, en réalité, ça permet une chose, qu’aucun homme politique n’avoue : ça permet de baisser chaque année le montant des points, la valeur des points et, donc, de diminuer le niveau des pensions. Voilà.1

François FILLON
9 mars 2016

Il faut dire aux Français clairement et tranquillement que nous allons travailler plus longtemps.2

Édouard PHILIPPE, Premier ministre
21 novembre 2019

Il faut [...] rappeler la responsabilité des organisations syndicales, elles ont un vrai savoir-faire. Elles se sont d’ailleurs engagées à mobiliser beaucoup de monde dans la gestion du service d’ordre. La préfecture de police prépare cela avec elles.3

Christophe CASTANER, ministre de l'Intérieur

Vous me les dispersez façon puzzle !4

Didier LALLEMENT, Préfet de Police de Paris

En affirmant le 16 novembre dernier à destination d'une gilet jaune « nous ne sommes pas dans le même camp, madame »5, le Préfet de Police de Paris LALLEMENT (sic) aura sans doute – bien involontairement – contribué à éclairer jusqu'aux plus naïfs quant à la polarisation de la situation sociale en fRance. Car s'il y a plusieurs camps en présence, c'est bien qu'il y a une guerre : celle que la bourgeoisie mène, avec une intensité accrue depuis l'arrivée au pouvoir de MACRON, contre toutes les conquêtes sociales arrachées en deux siècles de luttes ouvrières.

Après des attaques contre le droit du travail en ce qu'il peut avoir de protecteur pour les salariés6, contre le statut de la fonction publique7 ou encore contre les conditions d'indemnisation du chômage8 – et en parallèle de grossières manœuvres de diversion stigmatisant les immigrés9 – les kamikazes de LREM envisagent désormais une énième « réforme » des retraites. Les précédentes réformes de 1993, 2003, 2007, 2010 et 2014 ont pourtant déjà entraîné un durcissement drastique des conditions d'accès à la retraite doublé d'une baisse du montant moyen des pensions versées, notamment via l'augmentation du nombre d'années pris en compte pour le calcul du salaire de référence, l'augmentation de la durée de cotisation requise pour bénéficier d'une retraite à taux plein et le relèvement de l'âge minimum d'ouverture des droits à la retraite10.

Mais, outre sa forte dimension symbolique (i.e. infliger une défaite majeure à 25 millions d'exploités), le passage à un système de retraite par points marquerait un saut qualitatif dans la régression sociale. En effet, un tel système signifie concrètement que :

Réclamée par le MEDEF14, cette réforme des retraites est également largement inspirée par l'OCDE – dont le rapport France, mieux travailler avec l'âge, paru en 2014, recommandait de renforcer les incitations à travailler plus longtemps, notamment en changeant les limites d'âge dans le secteur public15. De fait, les réformes des retraites menées dans les différents pays de l'OCDE ces dix dernières années ont abouti à une forte réduction de la part des pensions financées par la collectivité. Cette réforme s'inscrit, en outre, dans la ligne de la politique de l'Union Européenne en faveur du « vieillissement actif » affirmée dès 2001 lors du sommet de Stockholm (objectif d'une hausse du taux moyen d'emploi des 55-64 ans) et complétée depuis par la « stratégie de Lisbonne » et par la stratégie « Europe 2020 » (objectif d'une augmentation de l'âge moyen de liquidation de la retraite des salariés)16.

Face à cette attaque d’ampleur contre le salaire différé, toute riposte prolétarienne sera inéluctablement vouée à l’échec si elle ne parvient pas à s’extraire de l’opposition spectaculaire entre le Pouvoir et les syndicats17. Ces derniers, en laquais serviles de la bourgeoisie, se divisent en effet principalement entre :

Dans la mesure où les bourges et les syndicats à leur botte savent, de longue date, que des grèves contre leur réforme des retraites seront inévitables, ils ont eu tout le loisir de rédiger un scénario de la débâcle prolétarienne qu’il s’agira donc de contrecarrer. Il convient en particulier de dénoncer ce jeu de miroirs à vocation paralysante entre le gouvernement et les syndicats :

Violences policièresDu reste, si la police en chasubles rouges23 ne suffit pas, le Pouvoir pourra toujours – dans la lignée de la répression féroce du mouvement des Gilets Jaunes24 et des meilleures dystopies de George ORWELL – s’appuyer sur celle en uniformes bleus. MACRON exigeant une condamnation préventive des violences du 5 décembre25, le secrétaire d’État DJEBBARI affirmant la « vigilance » du gouvernement « sur les aspects d'ordre public »26 ou encore CASTANER demandant une non-application de la réforme des retraites aux flics27... tout ceci démontre la détermination du Pouvoir à rééditer la formule politique qui a fait florès lors de la réduction du mouvement des GJ : une alliance objective entre le gouvernement LREM et le RN – par le biais de forces répressives obéissant docilement au premier tout en étant massivement acquises aux idées du second28.

Les obstacles sur la voie de l’émancipation sont encore nombreux mais, à l’image de nos sœurs et frères de classe qui se soulèvent actuellement de l’Irak à Hong Kong, de la Colombie jusqu’en Algérie, l’heure est venue de noyer la bourgeoisie dans l’eau glacée de ses calculs égoïstes :

Engageons-nous dans la grève générale illimitée ! Chassons les bureaucrates et bloquons tout !
Organisons dans toutes les boîtes des Assemblées Générales souveraines et des comités de lutte !
Mettons en place des caisses de grève et des coordinations !

Notes :

[18] Cf. https://www.rtl.fr/actu/politique/direct-video-reforme-des-retraites-laurent-berger-est-l-invite-de-rtl-soir- 7799621558

[20] « "Nous ne calerons pas" dans la mise en œuvre de la réforme des retraites, a assuré jeudi Gilles Le Gendre, patron des députés LREM, estimant qu'après deux ans de négociations "aucun syndicat ne pense sérieusement" que le gouvernement "renoncera". » (source : https://www.challenges.fr/economie/social/retraites-nous-ne-calerons-pas-affirme-gilles-le-gendre-le-patron-des-deputes-lrem_688131)

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