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Groupe d'Action pour la Recomposition de l'Autonomie Prolétarienne

Heil Meister !

Communiqué 06 - Mars 2012
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La tyrannie patronale est déjà au centre de nos vies

Qu’une meute de gros bras armés, à la solde de la transnationale Poppe + Potthof, ait lancé une expédition punitive contre les ouvriers de l’usine Meister à Sprimont n’est en rien un fait étranger au fonctionnement régulier de la présente organisation sociale. Bien au contraire, cette affaire, dans ses tenants et aboutissants, est avant tout emblématique puisqu’elle fait scintiller la barbarie ancrée au cœur de la société de classe. En cela, les brutalités et le saccage commis par les nervis de Meister renvoient à la violence qu’est en soi l’exploitation capitaliste, pour l’élever momentanément et localement à un degré plus haut. Car, depuis des générations, le quotidien du salarié c’est, pour survivre, être contraint de livrer sa force de travail, son temps et sa vie à une clique parasitaire, la bourgeoisie, parce que celle-ci est propriétaire des moyens de produire. En réalité, cette propriété n’est que le pouvoir de voler et disposer du labeur de la majorité. Voilà la violence incontournable et permanente qui façonne jusqu’au moindre détail de nos existences, si puissante qu’elle a su remodeler la normalité à son gré, si fanatique qu’elle est parvenue à vaincre les assauts passés des opprimés visant à la supprimer !

La bourgeoisie elle-même est une bande de vandales

En fomentant ces exactions crapuleuses, le groupe Poppe + Potthof n’a pas seulement accentué, dans un lieu de production donné, l’oppression ordinaire qui s’exerce sur l’ensemble de la classe ouvrière. Il a décidé de participer au climat de terreur patronale qui s’est installé en Belgique, comme dans toute l’Europe, ces trois dernières années. Car c’est bien la logique globale de pillage et de répression, qui s’abat sur tous les travailleurs du continent, et bientôt du monde entier, que la direction de Meister, suivant l’exemple récent de ArcelorMittal Liège, applique à Sprimont : exploiter l’ouvrier ne suffit plus, il s’agit de briser son salaire, lui ôter son outil de production, le jeter au chômage, délocaliser le capital vers des zones à moindre coûts, éradiquer par la force toute résistance. Confisquer les moyens de vivre librement et dignement au plus grand nombre par la généralisation de la misère, la précarité et la peur, tel est l’inhumain modèle de société qu’instaurent les puissants industriels allemands, comme le reste des capitalistes. D’ailleurs, l’ironie de l’Histoire a voulu que les miliciens de Meister aient sévit alors que le Parlement Européen s’apprêtait à voter un nouveau traité, faisant de l’austérité, c’est à dire le dépouillement des travailleurs, un principe constitutionnel dans chaque Etat membre.

Le cancer capitaliste rongera le prolétariat jusqu’à l’os

La classe dominante est bel et bien engagée dans une guerre féroce contre le salaire global et elle utilisera les plus funestes méthodes pour sauver ses profits dans cette jungle économique planétaire qu’elle a pourtant elle-même créé. Telle est la règle qui, depuis deux siècles, prédomine lorsque la crise du régime de production atteint son paroxysme. Comme dans les années 1930-1940, le prolétariat est à nouveau la proie, ciblée par l’instinct de survie du capitaliste. Il doit rendre les droits arrachés de haute lutte, renoncer à un mode de vie jugé trop coûteux. Désormais, tous les coups sont permis. C’est à la lueur de cette seule vérité, qui déjà s’exécute impitoyablement en Grèce, au Portugal ou en Espagne, qu’il faut comprendre les dernières prises de positions publiques de l’Union Wallonne des Entreprises, l’Union des Classes Moyennes et des Chambres de Commerce et d’Industrie Wallonnes. Ces marques de solidarité assumées du patronat wallon avec les malfaiteurs de Meister sont autant d’appels à intensifier la lutte anti ouvrière. Les plaintes pour vol contre les salariés fraîchement agressés déposées par les entreprises voisines du site viennent durcir la haine qui déchaine dorénavant l’affrontement classe contre classe. Le prétexte d’une supposée « violence » qui agiterait les ouvriers belges pour justifier le recours patronal à une horde de petites frappes néo-nazies allemandes ne trompe personne : les nantis veulent nous faire endosser la responsabilité de leur déboires criminels tout comme ils souhaitent nous faire payer le naufrage de leur système économique. Surtout, ils aimeraient tellement que nous nous laissions liquider en silence !

Il n’y a pas d’autre issue que la lutte révolutionnaire

Une fois de plus, les institutions ont montré que l’intérêt général qu’elles servent n’est que celui des possédants. La police et ses responsables, bourgmestres, ministres de l’intérieur et de la justice en tête, ont été complices des malfrats en organisant leur paisible raccompagnement à la frontière. Les partis de gouvernement ont feint de se scandaliser tout en surfant sur l’événement pour dénoncer la « violence ouvrière » de ces derniers mois. Les fachos de Nation, les indépendantistes de la N-VA, se sont bien gardés d’exprimer la moindre indignation puisque ce sont leurs compagnons d’armes qui sont venus casser de l’ouvrier. L’extrême-gauche, quant à elle, a versé dans de vifs émois mais continuera de soutenir les grandes centrales syndicales dans la négociation de notre régression. Déjà, à Meister Sprimont un « manager de crise » a été désigné avec la bénédiction des syndicats pour gérer la « transition » vers la fermeture du site. Dans notre farouche lutte contre la furie bourgeoise, ne comptons que sur nous-mêmes. Neutralisons les collabos de classe, bureaucrates syndicaux, militants politicards. Fondons nos propres comités de lutte, issus des assemblées de travailleurs, dans les usines, les bureaux, les quartiers. Demain, la multiplication des milices patronales, auxiliaires des flics, nous forcera à former des milices prolétariennes. La concertation sociale, assassinée par les patrons, est enterrée. Vive la lutte prolétarienne autonome ! Bientôt, l’esprit insurrectionnel de l’hiver 1960- 61 refleurira. Ce sera eux ou nous.