In Memoriam Loren Goldner

C'est avec une immense tristesse que nous venons d'apprendre le décès de notre ami et camarade Loren Goldner.

Selon nous, Loren Goldner fut l'un des plus grand théoriciens révolutionnaires de l'époque contemporaine et c'est peu de dire que ses approches ont fortement influencé les positions politiques du GARAP. Ses propositions lumineuses - pulvérisant des pans entiers de la doxa léninistes, injectant des réflexions aussi neuves que redoutables dans l'interprétation du Capital mais aussi dans la réactualisation des travaux de Rosa Luxemburg, ravageant dialectiquement la gauche de la dévalorisation et ses déchets identitaires - ont apporté des clefs décisives de compréhension du réel, qui ouvrent des portes à une praxis révolutionnaire revigorée.

À cette puissance de feu intellectuelle, déjà exceptionnelle, du personnage s'ajoutaient une grande humanité, une profonde sensibilité, ancrées dans les combats et la culture du prolétariat révolutionnaire. Une simplicité douce mêlée à un épicurisme sur le qui-vive, un goût insatiable pour la vie et les bonnes choses, un humour malicieux, une timidité si décalée... toutes ces qualités se combinaient dans un homme qui malheureusement ne vivra pas la révolution, sans doute parce que l'époque n'était pas à sa hauteur.

Forts de son inspiration, nous saurons lui rendre hommage en continuant le combat, à « gauche de l'extrême gauche », pour la révolution prolétarienne mondiale, sans Dieu, sans César, ni tribun !

...

La mare aux crapauds n°7 - Janvier 2016

Un ancien contact, dont on a renoncé à savoir d'où il parle, faussement critique mais surtout malveillant à notre endroit, a tenté de nous faire la leçon, une fois de plus. Du haut de sa condescendance, il a cherché à compromettre notre propos avec le conspirationnisme auquel celui-ci s'attaque. Nous aurions soutenu une critique complotiste du complotisme, en somme ! : http://www.mondialisme.org/spip.php?article2209.

Qui s'intéresse un peu à l'oeuvre de l'éditeur de « Ni Patrie, Ni frontières » reconnaîtra ici l'extravagant procédé, devenu sa marque de fabrique, qui consiste à mettre dans le même sac victimes et bourreaux, démarche libératrice et domination, prolétariat communiste et mouvement réactionnaire, travers spécifiques et tares générales. Ce salissement de la praxis révolutionnaire, passée, présente et future, s'effectue sous des airs de saine clarification, dont l'intransigeance à l'égard des failles du mouvement ouvrier serait gage de perspectives prometteuses. La lucidité qu'exige la complexité de l'histoire, la sévérité salutaire envers ses propres positions politiques, le rejet de formes de pensée étriquées, binaires, semblent, de prime abord, les qualités mobilisées au travers d'une telle entreprise. Mais à regarder dans le détail des raisonnements, à connecter la somme des textes proposés, on s'aperçoit que cette petite agitation littéraire est bien loin de tout ancrage dans le combat de classe, qu'elle est dépourvue de l'optique d'un réarmement théorique des exploités face à la bourgeoisie. C'est qu'en réalité, elle n'aspire à rien d'autre que remuer la merde, en surfant sur l'esthétique du renversement, quitte à jouer au transformisme radical (tantôt républicain de gauche, tantôt marxiste, tantôt anarchiste, trotskyste, ultragauche), jusqu'à ce que ça éclabousse les idées, personnes ou groupes révolutionnaires les plus intacts. Ce sale boulot manie les glissements grossiers, les dissociations arbitraires, l'absence de prise en compte des contextes, les analogies fumeuses, les extrapolations alambiquées. Bref, une flagrante carence méthodologique est à l'œuvre, d'autant plus spécieuse qu'elle s'abrite derrière un déballage de références bibliographiques. Le ton sentencieux des imprécations qui en surgissent redouble l'effet d'intimidation sur le lecteur, déjà bien maltraité en cette époque de confusion généralisée. A lire les tartines publiées sur mondialisme.org, on doit conclure, par exemple, qu'un Guy Debord est du côté de la réaction, ravalé expressément au catalogue des « social-chauvins », ou que les noms de Bakounine et de Marx figurent aux racines de l'arbre généalogique de l'antisémitisme. Antisémitisme, ce mot que ce procureur du net et d'autres veulent en forme d'épée de Damoclès suspendue au-dessus de quiconque tente de développer une critique sociale « à gauche de l'extrême-gauche », depuis que quelques ordures néobordiguistes ont fait tapiner leur matérialisme vulgaire sur le trottoir du négationnisme. Si notre claviste embusqué l'a bien saisi c'est pour mieux brandir la menace de procès en « réductionnisme » au nez de qui n'adhère pas (au sujet de son unique centre d'intérêt-pour ne pas parler d'obsession- qu'est la question identitaire en général et l'antisémitisme en particulier) à ses conclusions en eau trouble où la peste se propose souvent en substitut du choléra. Sur une telle pente, il n'est pas étonnant que le refus (aussi indispensable que légitime) de reprendre les mots de l'ennemi racialiste et de poser les questions en ses termes se voit illico qualifier de « négationnisme de la race » (rien que ça !). La faute « aux points aveugles », au caractère réducteur, qu'un tel déni de collaboration conceptuel (avec les réactionnaires) induirait ! On voit combien la source de l'artifice argumentaire ici actionné est intarissable. La ritournelle antiréductionniste, qui fonctionne plutôt efficacement puisqu'elle s'appuie sur le dénigrement, peut être servie facilement et à toutes les sauces. Mais le plus grave est, qu'en sus d'être malhonnête, ce subterfuge vise à retenir les problématiques sous la coupe de la pensée bourgeoise contemporaine, si faussement transgressive, si fragmentaire, si dilatoire.

Peu importe, les « sectaires » que nous serions devraient en prendre de la graine, nous qui n'aurions « rien compris à l'antisémitisme » (À l'image des pourritures staliniennes du KPD, n'est-ce pas ?) et dont ce liseur patenté croit pouvoir cerner les tenants et aboutissants qu'il nous objecte dans une quarantaine de pages consacrées à la question. Quarante pages de faits en vrac où les amalgames éhontés, comme celui qui attache un George Orwell (dont les positions politiques sont évidemment condamnables à maints égards) au même poteau que les nazis, le dispute au manque de rigueur historique. Cette compilation de « faits », en guise de diarrhée analytique, nous devrions l'avaler avant de nous prosterner. Quelle blague !

Destinataire parmi les 750 contacts de la mailing liste à qui nous avons envoyé la brochure, le type en question s'est précipité d'en faire la pub sur son site, sans même l'avoir lu, histoire de capter le référencement de Google. Quelques jours plus tard, ses diatribes pouvaient automatiquement être plaquées sur notre document. Du vrai travail de pro...

Logo du GARAP
Top