Écran sur nos consciences... - GARAP

Groupe d'Action pour la Recomposition de l'Autonomie Prolétarienne

Écran sur nos consciences...

Le P'tit Rouge n°4 - Avril 2018
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« On fait un selfie ? », « T’as un compte Facebook ? », « Tu regardes quoi comme série ? »

Notre quotidien est de plus en plus envahi par les écrans. Nous avons déjà tous dans nos salons et/ou nos chambres une télé depuis des décennies, meuble « magique » qui nous déverse du divertissement débile : de Cyril Hanouna à Secret Story, du match de foot jusqu’aux toujours plus nombreux plateaux télé où la stupidité et le futile sont cultivés et érigés en modèles. Il s’agit de nous rendre incapables de concevoir la moindre critique du monde dans lequel nous vivons. Tout est fait pour éteindre notre cerveau, le vider pour ensuite le remplir avec les mensonges de l’État et des patrons envoyés par l’intermédiaire du Journal Télévisé. Ce JT qui nous montre le monde à travers des images préalablement sélectionnées et si besoin manipulées, qui nous apprend que les interventions militaires des U$A et de la fRance (entre autres) en Afrique et au Moyen-Orient (entre autres) sont menées pour « libérer les populations » et non pas pour défendre les intérêts des multinationales (Areva, Total pour ne citer que quelques exemples franco-français) ; ou encore ce qui est devenu un grand classique : « la fRance va mal », « l’économie est à la traîne », tout ça à cause 1) de ces « assistés » de RSAstes au chômage qui vivent avec leurs allocs plutôt que d’aller travailler,  2) de ces « feignants de travailleurs en grève » qui « prennent en otage la population », 3) « des immigrés qui prennent le travail » des bons françois ! En revanche ceux qui nous font travailler toujours plus longtemps et toujours plus dur, ceux qui s’engraissent sur notre labeur - les patrons - ne sont jamais pointés du doigt par les journaleux. Normal puisque ceux-ci sont à leur service !

Bien sur, la télé n’est pas suffisante, trop monolithique et se contentant de gaver le cerveau passif du téléspectateur… Il est nécessaire à l’abrutissement moderne que l’individu prenne une part active à sa propre aliénation : c’est justement ce que permet Internet. On nous vante régulièrement un internet formidable favorisant l’accroissement des connaissances et des savoirs, permettant de s’informer et de rester en contact les uns avec les autres. La réalité c’est que la toile est avant tout un outil virtuel de la classe bourgeoise pour affermir sa domination réelle sur nos consciences et donc sur la société, tout en lui fournissant une gigantesque manne monétaire : l’immense majorité des utilisateurs y ont recours uniquement pour échanger du vide avec des « amis » imaginaires sur Facebook, sélectionner à la demande la dose quotidienne d’abrutissement audiovisuel sur YouTube, s’« informer » sur les sites des journaux qui balancent les mêmes conneries que la presse télévisuelle (et papier) quand ce n’est pas carrément sur des pages complotistes où Illuminatis, Francs-Maçons et autres juifs sont présentés comme la source de nos malheurs… Pendant ce temps les algorithmes des géants du numérique analysent notre navigation pour déterminer nos centres d’intérêts, notre personnalité, nos opinions politiques… et emploient ces informations à des fins commerciales (publicité ciblée) et policières (fichage systématique des subversifs sous prétexte de « lutte anti-terroriste »). Si Internet est un outil formidable de développement des connaissances ce n’est qu’au service de la bourgeoisie et de son État ! Au passage, nous perdons progressivement notre humanité, puisque nos faits, gestes et pensées sont toujours plus formatés par la marchandise, vouant notre imaginaire, notre spontanéité, notre intimité, notre révolte, à la disparition. Des petits robots dociles, se fliquant les uns les autres, voilà le rêve rentable, en passe de devenir réalité, du capitalisme du 21ème siècle !

Pour oublier nos quotidiens de merde remplis de soumission à notre patron, de vide affectif et social, tous ces écrans sont chargés de nous servir de refuge : nous nous (dé)connectons du réel, pour ne plus réfléchir, ne plus avoir à nous poser de questions sur la société dans laquelle nous vivons et encore moins sur ce que nous pourrions faire pour la changer...

Il y a pourtant beaucoup à faire… Commençons par jeter à la poubelle notre télé, notre smartphone et notre tablette. Cela nous aidera certainement à nous ouvrir aux autres et pourquoi pas à réfléchir, entre prolétaires, à la façon dont nous devons nous y prendre pour renverser cette société basée sur la propriété des moyens de production, le salariat, l’État, le profit, la déshumanisation. Le nécessaire établissement de l’égalité entre les humains libres en dépend !

Ne laissons plus les écrans faire écran au développement de la conscience révolutionnaire !

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