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Groupe d'Action pour la Recomposition de l'Autonomie Prolétarienne

Communisme

Dernière mise à jour : Février 2013
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Le communisme est l’action révolutionnaire qui vise à abattre le système capitaliste et ôter le pouvoir à ses dirigeants – lesquels composent la bourgeoisie – pour établir une société libre sans classe sociale ni État, ni argent, dans laquelle les moyens de production appartiennent à la communauté. Friedrich Engels écrivait en 1847 : « Le communisme est l'enseignement des conditions de la libération du prolétariat ».

Pour beaucoup de prolétaires asservis par les idées de la classe dominante, le communisme est synonyme du léninisme et du stalinisme ainsi que tous leurs dérivés : castrisme, guévarisme, maoïsme, titisme, trotskysme. Avec la fin de la guerre froide et la chute du mur de Berlin, la bourgeoisie s’est empressée de déblatérer que le communisme ne fonctionne pas et qu’il est tyrannique. Oubliant volontairement de dire que les régimes du bloc soviétique n’étaient que des formes capitalistes d’oppression dans lesquelles la gestion de la politique et de l’économie était concentrée entre les mains d’une bureaucratie totalitaire. Employer le terme « communisme » pour désigner le système de ces pays est donc volontairement trompeur, une aberration du langage issue de la « novlangue » bourgeoise pour éteindre tout espoir de révolution et de meilleur lendemain pour les prolétaires.

Le communisme est aussi synonyme d’utopie. Si l’on écoute les mythes religieux, la nature humaine est forcément mauvaise, l'homme est faible : ainsi l'inégalité serait naturelle.
Le matérialisme historique et dialectique détruit complètement ces dogmes avilissants. Il consiste à appréhender le mouvement de la réalité dans sa totalité concrète, en mesurant la relation dynamique entre essence et phénomènes, sujet et objet, tout et partie, génèse et développement, pour mieux saisir le sens des faits, des contextes, des acteurs, des tendances, des contradictions et synthèses à l’œuvre, et cela à partir du point de perspective de la praxis prolétarienne. Par là, il dépasse le pragmatisme et l’empirisme bourgeois, dont le scientisme n’est qu’une variante, aussi bien qu’il balaye toute forme d’idéalisme. Aussi, le matérialisme historique et dialectique constitue-t-il la pratique de la connaissance, pour qui connaît la pratique, permettant d’accéder à une compréhension claire de la société capitaliste, ce qui ne va pas sans combattre celle-ci efficacement sur la voie du monde sans classes sociales ni Etat ni argent.

L’idée de « communisme » renvoie nécessairement à la perspective de la construction d’une société plus juste. Dans cette société où la loi de la valeur et son corollaire, la monnaie, auront définitivement disparu, il ne s’agira pas d’autogérer l’appareil de production hérité du vieux monde capitaliste, car celui-ci est, en grande partie, inutile, nocif et donc non compatible avec les besoins de l’humanité libérée. Au passage, il n’est pas vain de rappeler que l’autogestion, concept en vogue chez une certaine extrême-gauche et ayant ses entrées à gauche, est tout à fait conforme au dessein du capitalisme, dont il incarne l’une des variantes de gestion efficace, surtout en période de crise. Détruire le rapport de production existant ce n’est pas se contenter d’en écrêter les saillants autoritaires ou hiérarchiques. C’est redéfinir l’acte de production et d’échange comme activité libre, égalitaire et créatrice correspondant aux besoins réels de l’humanité affranchie. A l’heure où le règne de la valeur d’usage aura pris le pas sur les derniers vestiges de la dictature de la valeur d’échange, l’autogestion de cette dernière paraîtra n’être qu’un vieux fétiche réactionnaire appartenant aux ténèbres du passé. Le mouvement d’abolition du capitalisme ne peut donc être autogestionnaire.
Pour parvenir à la société communiste, une révolution – c'est-à-dire le renversement de la classe dominante par la classe dominée – doit être opérée. À notre époque le prolétariat, ou classe laborieuse, doit donc abattre la bourgeoisie et son système capitaliste, pour établir une société communiste.

Le communisme ne peut être rattaché à une doctrine avec des rites ou des pratiques contenues dans certains livres. Il est clair que nous conseillons à tous les prolétaires de s’instruire et de lire les différents écrits marxistes et libertaires sur ce sujet, toujours avec un esprit critique. Le communisme peut prendre des formes différentes de luttes selon l’époque, le lieu et les personnes qui le construisent, mais l’objectif commun est l’émancipation de l’humanité exploitée.

Bibliographie élémentaire
- Friedrich Engels, Principes du communisme
- Daniel Guérin, Pour le communisme libertaire
- Karel Kosik, La dialectique du concret
- Karl Marx, Le Capital
- Anton Pannekoek, Les conseils ouvriers
- Raoul Vaneigem, Pour l’abolition de la société marchande. Pour une société vivante.