Madagascar, au fin fond de l'abîme capitaliste - GARAP

Groupe d'Action pour la Recomposition de l'Autonomie Prolétarienne

Madagascar, au fin fond de l'abîme capitaliste

Communiqué n°17 - Septembre 2013
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Une contrée encore aujourd’hui trop méconnue est pourtant, à bien des égards, une victime emblématique de la prédation capitaliste contemporaine : Madagascar.

Potentiel minéral de MadagascarCe pays de l’Océan indien, grand comme la France et comptant une population de  plus de 20 millions d’habitants, présente des symptômes de déliquescence générale avancée. Une vraie catastrophe  : Situation politique ubuesque, délitement de l'appareil d'État, pillage à outrance des matières premières et de la grande majorité de la population, dévastation de l'environnement (déforestation pour causes domestiques et de trafic de bois précieux ; confiscation des territoires et extraction toxique des minerais), insécurité galopante dans la capitale avec explosion, ce qui est là-bas inédit, des actes criminels (dans des formes particulièrement sanglantes), indigence massive. Bref, Madagascar est une île qui dérive au fond de l'abîme capitaliste pour se positionner, aujourd'hui, en pays le plus pauvre de la planète. Rapportée au nombre d’habitants, la croissance économique de ces quarante dernières années a été négative, et plus de 92% des malgaches vivent aujourd’hui sous le seuil de pauvreté. 

« L’Île rouge » possède pourtant un exceptionnel potentiel : des ressources naturelles colossales, une diversité biologique et minérale extraordinaire, une culture raffinée et très composite, une population jeune et dynamique...

Mais dans ce monde qui marche sur la tête, Madagascar est pauvre... de sa richesse !
En effet, dans un contexte de concurrence internationale exacerbée, d’autant plus que les vieilles grandes puissances sont talonnées par les pays émergents, et alors que le mode de production capitaliste est incapable de transformer son modèle énergétique basé sur les hydrocarbures, l’accès aux matières premières s’avère, pour les États et les transnationales, un enjeucrucial. Dès lors, la « grande Île », affaiblie par des décennies de crise politique et sociale, est tel un joyau sans protection au beau milieu d’un attroupement de gangsters.

Paysage MalgacheLe marasme politique dans lequel cette nation est plongée depuis 2009 s’inscrit dans une longue suite de souffrances et de malheurs infligés à la population malgache par les élites locales et les puissances étrangères.
Ayant acquis l’indépendance en 1960 après 64 ans de domination française, marqués par la répression féroce de 1947 et ses 89 000 morts, Madagascar a vécu 15 ans d’instabilité politique avant de passer dans le giron du bloc de l’Est en 1975. Le régime stalinien en place, mené par Didier Ratsiraka, rompt rapidement ses relations diplomatiques avec la France. Cet officier de marine développe alors un dirigisme économique s’appuyant sur un nationalisme tiers-mondiste. La plupart des contrats avec les multinationales étrangères sont résiliés. Mais les difficultés économiques s’accumulent et finissent par pousser le pouvoir à se lier au FMI et renégocier sa dette auprès du club de Rome au milieu des années 1980.
En 1992, l’expérience « socialiste » est officiellement abandonnée. Le dictateur quitte le pouvoirun an plus tard. On retiendra que, deux ans auparavant, ses troupes avaient assassiné par balles et à la grenade plusieurs dizaines de manifestants venus grossir l’immense foule qui exigeait sa démission. Ratsiraka n’en était pas à son premier coup d’essai : en juillet 1985, il avait rasé au char d’assaut et au lance-flammes un temple de Kung-fu défendu par des pratiquants opposés aux milices gouvernementales qui semaient la terreur dans la capitale.
Manifestation à Madagascar En 1996, surfant sur le mécontentement populaire qui pâtit de la pauvreté galopante et ne voit aucune trace concrète des prêts du FMI passés dans les poches des politiciens corrompus, Ratsiraka, soutenu par l’ancien ennemi français se hisse à nouveau à la Présidence de la République. 6 ans de stabilité et de croissance économiques s’ouvrent. Pour autant, les inégalités déjà immenses continuent de se creuser et le peuple s’enfonce irrémédiablement dans la misère.
En 2002, sur fond de lutte d’influence entre la France et les États-Unis, Ravalomana, candidat des américains, parvient à écarter Ratsiraka, après plusieurs mois de troubles dont des escarmouches militaires entre les deux camps. Le « Berlusconi malgache », tel qu’il est surnommé, va progressivement s’accaparer les marchés juteux dans des domaines économiques très variés. Le régime glisse rapidement vers l’autocratie et abandonne la laïcité de l’État, à la faveur du renforcement de l’Église Réformée de Madagascar. L’anglophonie est encouragée. La personnification du pouvoir n’empêche pas Ravalomanana de céder, fin 2008, la moitié des terres arables malgaches, soit 1,3 millions d’hectares, à la société sud coréenne Daewoo-Logistics afin d’approvisionner la Corée du Sud en maïs. Cet accord (annulé quelques mois plus tard), qui provoque la colère des insulaires, va être l’un des principaux motifs de soutien populaire à la fronde emmenée par Andry Rajoelina, lequel, à l’aide de militaires mutins, destituera Ravalomanana en mars 2009, au prix de 28civils assassinés par les forces loyales. Même si, à l’instar de la communauté internationale, la France condamne alors un « putsch », elle est, en fait, le chef d’orchestre de cette opération, qu’elle considère comme le sauvetage de ses intérêts locaux. Rajoelina, 34 ans, ancien animateur de soirées dansantes pour la jeunesse dorée de Tananarive, reconverti en publicitaire puis en maire de la capitale a l’envergure politique d’un homme de paille. Il est immédiatement prononcé « Président de la Haute Autorité de Transition », entité se substituant à la Présidence de la République et chargée d’organiser des élections présidentielles… dont on attend toujours la tenue !

Misère à MadagascarDepuis près de cinq ans donc, Madagascar est « en transition ». En réalité, cette situation dont feint de se scandaliser la clique politicienne vernaculaire gangrenée par l’affairisme, est une véritable impasse politique. Les agissements chaotiques des intérêts privés se nourrissent de la décomposition alarmante de l’appareil d’État, dont l’amenuisement des politiques publiques et la corruption endémique sont les stigmates manifestes. Ce désordre concentre les conditions idéales au dépeçage du territoire sous les crocs des transnationales.

Coutumier des politiques d’austérité et de déréglementation depuis les ajustements structurels du FMI des années 1990, l’État Malgache a tenu à diminuer sa dette publique (qui représente  environ 6% du PIB et dont les créanciers sont principalement occidentaux) durant la récente période de crise politique. Le déficit budgétaire a été maintenu à 3,1% du PIB en 2012. Conséquemment, des restrictions drastiques ont frappé les budgets publics dans des secteurs vitaux tels que la santé (de nombreux centres de santé ont fermé), l’aide sociale (la malnutrition a explosé), l’éducation (plus de 900 000 enfants ont été déscolarisés en cinq ans). Le délabrement général des routes, des bâtiments et des transports publics, résulte directement d’une absence totale d’investissements. Parallèlement, dans le but de rendre l’économie « attractive » aux investisseurs étrangers, les « zones franches » ont pullulé, le droit du travail a été réduit en lambeaux.
Corruption Perceptions IndexLa corruption, quant à elle, a proliféré, et s’est installée au cœur du fonctionnement des institutions. Selon le Baromètre Mondial sur la Corruption 2013 dans une enquête publiée par l’ONG Transparency International et réalisée auprès des habitants de Madagascar, « le secteur judiciaire, la police, les autorités publiques/fonctionnaires, sont les trois secteurs les plus perçus comme étant au sommet des organismes corrompus ». Les pots de vins versés aux agents publics sont très fréquents et il est préférable de jouir de relations dans les institutions pour que les démarches ordinaires aboutissent. Les magouilles et autres affaires au plus haut sommet de l’État sont légion, tout comme elles trahissent l’emprise de gangs mafieux sur la puissance publique. La dernière en date a trait au très probable meurtre du gouverneur de la Banque Centrale de Madagascar, intervenu dans les eaux troubles des tractations liées à la cession de la Banque BNI Madagascar, la plus importante du pays, à un consortium mauricien, indien et malgache (Ciel, Bank One, Hiridjee). Le Crédit Agricole (établissement français), possesseur à 51% du capital de la banque a souhaité vendre ses parts. L’État malgache, qui est actionnaire à 34% du capital, se devait théoriquement de superviser cette transaction selon l’intérêt général, c'est-à-dire garantir que les organismes acquéreurs soient des banques de références. Or, il n’en fut rien puisque les candidats en lice ont placé la plupart de leurs fonds dans des paradis fiscaux, notamment aux Iles vierges britanniques. Hostile à ce projet qui a bel et bien fini par recevoir la bénédiction des hautes autorités, feu le gouverneur de la Banque Centrale, pourtant lui-même non irréprochable en matière de conflits d’intérêts, ne pourra plus exprimer son désaccord…

Andry RajoelinaAdministré par un État au seul service des intérêts privés, ce qui en fait d’ailleurs un parangon de la « gouvernance », Madagascar, qui regorge de ressources naturelles et minérales, est donc une proie sans défense que des clans mafieux installés aux plus hautes sphères du pouvoir livrent sans scrupules à la voracité des grandes compagnies étrangères. Ainsi, la Haute Autorité de Transition (HAT) a multiplié les concessions foncières aux Sociétés Transnationales, malgré la violation de la légalité que constituent de tels actes, puisque la HAT doit normalement se cantonner à la gestion des affaires courantes. D’ailleurs, le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies a tenu à s’offusquer, l’été dernier, de cet innommable scandale : « La plupart des sociétés transnationales installées à Madagascar ont obtenu leur permis d'exploitation soit par les putschistes, soit par le régime de transition. De ce fait, elles n'ont ni la légalité ni la légitimité d'opérer dans ce pays. De plus, ces permis ont été obtenus à la faveur d'une forte corruption des dirigeants politiques précités ».

Exploitation minièreLa liste des méfaits est interminable. On pourrait évoquer le trafic de bois de rose, dont les clients principaux sont l’Europe et surtout la Chine, qui raye progressivement de la carte ce qui reste des forêts primaires et secondaires avec leurs espèces animales et végétales endémiques. On pourrait aussi mentionner l’expropriation des terres de milliers de petits paysans sans titres de propriété par des groupes tels que l’Indien VARUN Energy Corp qui se lance dans l’agribusiness. Mais le gros du magot, véritable trésor, se situe dans les sous-sols de l’île et au large de sa côte Ouest. Les produits actuellement exploités sont, entre autres, l’ilménite (premier producteur mondial), le nickel (2ème producteur mondial), lecharbon, le cobalt (2ème producteur mondial), le chrome, le graphite, le marbre, le granite, le mica, le cuivre, l’uranium, le  platine, l’or, le saphir (plus grand gisement du monde). Les produits sur le point d’être exploités sont : la bauxite, le fer, le pétrole, les terres rares, le vanadium, letantalum. Selon les estimations, les réserveshors pétrole des grandes mines malgaches seraient de plus de 300 milliards de dollars de chiffre d’affaire. En outre, ce qu’on peut qualifier d’assaut sur l’eldorado pétrolier malgache a débuté, les grandes majors occidentales et asiatiques (Total, Shell, Chevron, Petrochina…) annoncent régulièrement la découverte de nouveaux champs de forage. A l’heure actuelle, il existe une vingtaine de projets onshore (sur terre) et 8 projets offshore (en mer).

IncendieÉvidemment, de tels chantiers n’occasionneront aucune retombée économique positive sur la population malgache. Bien au contraire, celle-ci subit déjà les lourds dégâts engendrés par ces entreprises. D’une part elle se voit spoliée de son patrimoine sans bénéficier d’aucune contrepartie financière. En effet, la fiscalité à laquelle sont soumises les transnationales opérant sur l’île est ridicule. Conséquente aux mesures de libéralisation imposées par la Banque Mondiale dans les années 1990, la réglementation en vigueur vient valider des contrats léonins entre l’État et les grandes compagnies puisque seul 1% des recettes est perçu sous forme de redevance par la puissance publique. La prévarication instituée en norme se chargeant du reste, les bourses des malgaches restent désespérément vides. D’autre part, ce sont de véritables exactions qui sont proférées par les industriels transnationaux, contre l’environnement et les autochtones. Les exemples ne manquent malheureusement pas : comme ce tarissement de l’eau et l’émanation de radioactivité aux alentours de la mine de Ranobe, exploitée par l’australienne Toliara Sands SARL et la chinoise Sichuan LomonTitanium, qui pourrissent la vie des riverains du projet. De même,ce qui n’est rien de moins que l’aspiration pure et simple des sols par la société DYNATEC, en vue d’extraire du cobalt et du nickel, entraîne déjà une catastrophe écologique locale. Quant à l’imminente exploitation des gisements pétroliers de Belomanga, de Tsimororopar une filiale du géant français TOTAL, elle ne départira pas de cette logique funeste. Il est ici prévu de puiser à court terme de « l’huile lourde », sans renoncer à l’avenir aux « sables bitumineux ». L’exploitation de ces deux formes de « pétrole non conventionnel », surtout de la seconde, est précédée d’une épouvantable réputation, en particulier dans la province d’Alberta au Canada où elle fut initiée. Les ravages écologique, sanitaire et climatique qu’elle provoque sur l’environnement naturel et humain (contamination de l’air, des sols et de l’eau, dévastation des paysages, multiplication des cancers dus à l’exposition à des substances toxiques, explosion urbaine, renchérissement de la vie, anéantissement des modes de vie traditionnels) ne sont plus à démontrer.
Coresponsable de cette tragédie généralisée en cours, l’État n’appuie pas seulement le capital via une législation bienveillante alliée à une corruption systématique. Depuis fin 2012, il mène une opération militaire qui, sous prétexte de traquer des groupes de bandits, vise en réalité à évacuer par la force les campagnards d’une grande partie du Sud du pays, lesquels habitent à la surface d’un potentiel minier considérable ; une énorme manne dont plusieurs grandes compagnies voudraient s’emparer sans plus attendre. Des villages ont été attaqués à l’arme lourde, une vingtaine d’entre eux ont été brûlés, et des dizaines de morts sont à déplorer.
Morcellement du territoire à des fins de confiscation par des intérêts particuliers, appropriation privée de l’État, saccage de l’environnement naturel et humain, opacité des opérations et des transactions, sont les maîtres mots de l’actuel taillage en pièce du pays orchestré par les transnationales.

Canal du MozambiqueEt rien ne va s’arranger puisque la fantastique pression géopolitique et géostratégique sous laquelle s’accomplit ce pillage en règle va s’intensifier en raison de la position que Madagascar est en passe d’occuper dans le grand jeu mondial. Au moins quatre grandes forces géopolitiques, déjà implantées dans l’île et ses environs, redoublent d’agressivité à la lueur de projets industriels et commerciaux faramineux. Seul membre des pays riches à être frontalier de Madagascar (L’île de la Réunion, département français, est à une heure d’avion de Tananarive), la France jouit également des survivances de son passé colonial, encore très prégnant dans la culture et l’économie malgaches. Mais si les français tiennent tant à jouer cavalier seul à Madagascar depuis la fin des années 2000, en réveillant au passage les vieilles méthodes expéditives de la « françafrique », ce n’est ni en raison de la présence de 650 de leurs entreprises et de 25 000 de leur ressortissants, ni au nom de la vieille amitié franco-malgache. En réalité, c’est plus à cause de la découverte d’un formidable gisement d’hydrocarbures (gaz et pétrole) dans le Canal du Mozambique, que les spécialistes comparent à la mer du Nord au milieu des années 1960 quand ses potentialités furent révélées. Cinq minuscules ilots éparpillés dans ce canal le long des côtes malgaches, appelés les « îles éparses », sont restés territoires français après l’indépendance de Madagascar, et ce, malgré les protestations répétées de la communauté internationale. Or, la réglementation internationale en vigueur permet à la France, selon la convention de Montego Bay, de considérer ces ilots comme des Zones d’Exclusivité Economique  (ZEE), et l’autorise donc à contrôler les ressources dans les 200 miles nautiques au large de ses eaux territoriales. La France a ainsi le contrôle d’un espace de 425 000 km2, soit les deux tiers du canal du Mozambique. Assis sur une telle fortune, la diplomatie française s’est acharnée à rendre les autorités malgaches dociles sur ce dossier, malgré les pressions des anglo-saxons et même de l’Union européenne, défavorables à la posture d’impérialiste solitaire du capital français dans la région. On peut ainsi mieux cerner, à la lumière de ces faits, le soutien franc des États-Unis et de l’Afrique du Sud  au camp de Marc Ravalomanana, l’ancien président chassé par l’homme des français, Andry Rajoelina. L’affrontement ne fait que commencer puisque la mouvance Ravalomanana présente un candidat aux élections présidentielles.
D’un autre côté, la "poussée orientale" est très vive, en particulier de la Chine, de l’Inde et de la Thaïlande. La Chine, premier exportateur sur l’Île rouge, occupe une position croissante dans le secteur de l'exploitation minière (Charbon et pétrole) qui se double d'une grande influence auprès de l'actuel chef d'État malgache. Les chinois souhaiteraient contrôler les ports du Sud de Madagascar, une escale importante sur la ligne de commerce maritime affrétant l’Amérique du Sud, en particulier le Brésil, autre zone émergente. Pour contrer ce projet, les français prévoyaient notamment de couper par la Terre, en passant par deux nations lusophones (influence portugaise) situées de partet d’autre de l’Afrique : le Mozambique et l’Angola et d’accéder ainsi directement aux ports du Brésil par l’Atlantique. Le Venezuela de Chavez était prêt à se lancer dans un partenariat de développement avec Madagascar en contrepartie de l’approvisionnement de diverses matières premières. Mais il semble que ces projets soient restés lettre morte.
L’Arabie Saoudite, le Qatar et les Émirats Arabes Unis,  nations opulentes mais dont les réserves pétrolières seront bientôt éteintes, considèrent Madagascar, à l’image d’une kyrielle d’autres pays, comme une cible d’investissements directs favorable à leur politique de sécurisation de leur ressources financières. Ici non plus, le Qatar ne faillit pas à sa réputation de micro puissance impérialiste et tente de peser directement dans les plus hautes sphères de l’État malgache. Il soutient ainsi activement, c'est-à-dire avant tout financièrement, la communauté musulmane de même qu’il supporte Rado Rafalimanana, candidat aux futures élections qui réalise sa campagne en affrétant ça et là des avions cargo chargés de marchandises de premières nécessités. 

Rassemblement à MagascarFace à ce sinistre festival de rapaces, les classes exploitées malgaches, reléguées à une vie de misère sans aucun autre droit que celui de se taire, n’ont, pour le moment, pas encore manifesté massivement et selon leurs intérêts propres, la révolte profonde qui les ronge. Hormis quelques associations de petits paysans luttant contre l'expropriation de leurs terres par les transnationales en faisant reconnaître leurs titres de propriété, quelques mouvements de grève sporadiques dans certains secteurs de la fonction publique (professeurs, douanes...), les malgaches sont encore trop harassés, divisés et martelés de propagande religieuses (surtout catholique et évangéliste, même si l'islam est entrain de réaliser une percée fulgurante) pour se lever et envisager des perspectives d'émancipation valables. Les multiples reports des élections présidentielles ces cinq dernières années ont constitué une provocation permanente au peu de démocratie que recèle ce pays. Mais on sent une étrange résignation forte mêlée à la colère du ventre. Peut-être que ce cocktail potentiellement explosif bousculera à terme les agendas des pillards capitalistes décidément trop confiants. C’est à souhaiter et notre solidarité révolutionnaire appuiera toute tentative allant dans cette direction...

Principales sources :

Statistiques sur Madagascar :
http://www.statistiques-mondiales.com/madagascar.htm
Données de la Banque Mondiale :
http://donnees.banquemondiale.org/pays/madagascar
« Madagascar, chiffrer les coûts de la crise » :
http://www.banquemondiale.org/fr/news/feature/2013/06/05/madagascar-measuring-the-impact-of-the-political-crisis
Carte des ressources naturelles à Madagascar :
http://consulmada-th.org/spip.php?article78
http://www.a-bout-de-souffle.com/wp-content/uploads/2011/02/pmm.jpg
« Pétrole ou biodiversité ? : Géostratégie de la France dans le canal du Mozambique » :
http://www.madagascar-tribune.com/Petrole-ou-biodiversite,17848.html
« Madagascar, nouvel eldorado des compagnies minières et pétrolières » :
http://www.amisdelaterre.org/IMG/pdf/synthese_-_rapport_madagascar.pdf
« Ces contrats miniers généreusement octroyés par la HAT depuis 2009 » :
http://www.tananews.com/2013/07/ces-contrats-miniers-genereusement-octroyes-par-la-hat-depuis-2009/

Notre article en anglais sur le site d'Insurgent Notes :

http://insurgentnotes.com/2013/10/madagascar-at-the-bottom-of-the-capitalist-abyss/

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